Bonjour à tous, et bonne année 2020 !
J'ai un peu mis ce blog de côté en 2019, mais je vais essayer de m'y remettre. Et on va commencer par un billet sur l'excellente émission de France Inter, "On n'arrête pas l'éco", qui a été diffusée ce samedi matin. Comme souvent, on y a entendu Emmanuel LECHYPRE, éditorialiste à BFM Business, y dire qu'il ne fallait à aucun prix augmenter les salaires, parce que cela nuirait à la compétitivité des entreprises françaises.
Il n'a rien dit sur le fait que des entreprises du CAC 40 empruntaient de l'argent pour distribuer des dividendes à leurs actionnaires. C'est à dire que ces entreprises distribuent aux actionnaires de l'argent qu'elles n'ont pas gagné. Et c'est l'activité de l'année suivante qui devra rembourser cet emprunt, puis générer assez de profit pour distribuer de nouveaux dividendes. Cela, semble-t-il ne nuit pas à la compétitivité. Drôle demanière de voir les choses, si je peux donner mon avis.
Ce qui me fait réagir, c'est cette vision accrochée aux modes de pensée des néolibéraux comme la patelle est accrochée à son rocher, qui consiste à limiter la compétitivité des entreprises aux seuls salaires des employés.
Travailler intelligemment, cher Monsieur LECHYPRE, est un levier autrement plus profitable que de limiter les salaires des employés. J'explique ça dans un article de mon site internet.
Payez votre personnel le moins possible et c'est ce que vous obtiendrez d'eux. (Malcolm FORBES, 1917-1990)
H.
Affichage des articles dont le libellé est économie. Afficher tous les articles
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samedi 11 janvier 2020
lundi 10 septembre 2018
Cherchez l'erreur...
La photographie n'est pas parfaite certes et on ne lit pas tout. Mais faites-moi confiance, le produit dont il s'agit est du "saumon fumé des Highlands".
Dans les souvenirs de géographie qui me restent, les Highlands se situent au nord-ouest du fameux Loch Ness, en Écosse, à au moins 500 kilomètres au nord du nord de l’Île de France.
Alors, quelle est la légitimité de ma marque "mangeons local en Ile de France" qui est bien visible sur l'emballage?
Cette marque est la propriété du Centre Régionale (sic!) d’Innovation Agricole et Alimentaire (CERVIA) Paris Ile-de-France, organisme associé à la Région Ile-de-France. Son site Internet regorge de considérations toutes plus écologiques les unes que les autres :
Une démarche en mouvement
Il est cinq heures, Paris s’éveille… Ici et dans tous les terroirs d’Ile-de-France, on travaille déjà. On cultive, on élève, on sème, on transforme, on cuisine, on sélectionne. Agriculteurs, artisans, PME, restaurateurs, commerçants, tous regroupés au sein de la grande famille Mangeons Local en Ile-de-France s’attachent à vous proposer du bon, du frais, et du local.
Repérez-les en un clin d’œil !
Une marque pour les produits
Comment distinguer une pomme francilienne, un jambon de Paris, un yaourt d'Ile-de-France ? Ils arborent fièrement la marque Mangeons Local en Ile-de-France. Gage d'origine, cette marque identifie les producteurs qui s’engagent à cultiver le savoir-faire local et à protéger l’environnement régional.
Manger local, un engagement citoyen
Ultra frais et savoureux, les produits locaux sont fiers de leurs qualités nutritionnelles.
Vous connaissez l’origine des aliments consommés, vous participez à la réduction des gaz à effet de serre et soutenez l’économie locale.
Faire faire plusieurs centaines de km en avion à des poissons ne me semble pas répondre à ce que je viens de lire. Alors quoi ? Si seule la dernière étape de transformation suffit à conférer le statut de "local", est-on bien dans la philosophie du "locavorisme" ? Je suis loin d'en être sûr.
Mais bon, le saumon était excellent...
H
mercredi 5 septembre 2018
Mon livre est disponible !
Samedi dernier, l'émission de France Inter "La librairie francophone" invitait Daniel Picouly. À un moment, celui-ci a déclaré que, pour juger d'un livre, il lisait la page 19. Cela lui donnait un bon aperçu du contenu de l'ouvrage. Je suis donc allé regarder "ma" page 19. Et il a raison, M'sieu Picouly. La page 19 de mon livre, c'est ça :

Le management des entreprises (ici un laboratoire de biologie) n'a pas compris ce qu'était la fonction "qualité". Et c'est l'essence même du problème. Et c'est ce que je tente de clarifier, en 250 pages.
Il faut toujours soigner sa page 19...
H

Le management des entreprises (ici un laboratoire de biologie) n'a pas compris ce qu'était la fonction "qualité". Et c'est l'essence même du problème. Et c'est ce que je tente de clarifier, en 250 pages.
Il faut toujours soigner sa page 19...
H
lundi 25 juin 2018
La gestion des déchets
Un court reportage sur France Inter ce matin, dans lequel on entend une infirmière de bloc opératoire expliquant, que pour acheter des doudous à distribuer à des enfants devant être opérés, elle récupérait, avec ses collègues, des pièces en cuivre et en inox qui auraient normalement été jetées, pour les valoriser.
C'est une excellente démarche.
Question : pourquoi cette valorisation des déchets n'est-elle pas organisée, dans tous les établissements de santé français, depuis des années ?
H
C'est une excellente démarche.
Question : pourquoi cette valorisation des déchets n'est-elle pas organisée, dans tous les établissements de santé français, depuis des années ?
H
jeudi 14 juin 2018
La qualité du management (suite)
Et 2 nouveaux sites, pour la précommande du livre dont je vous parlais hier : Amazon, et chez système U
Un peu d'autopromotion ne peut pas nuire !
H
Un peu d'autopromotion ne peut pas nuire !
H
mercredi 2 mai 2018
Vertige des dollars
En 2017, Alphabet, Inc - la maison-mère de Google, a réalisé un chiffre d'affaires de 117 Miliards de dollars US.
Ce montant est colossal, seuls des États brassent des montants de cet ordre-là. Si Google était un État, il se placerait au 62ème rang mondial. C'est à dire que Google brasse plus d'argent que 130 pays dans le monde. Le PIB du Maroc, celui du Luxembourg, ceux de la Tunisie, de l'Éthiopie, du Kenya sont inférieurs à 117 Milliards d'Euros. En fait, Google se placerait immédiatement après le Koweit, cet État pétrolier du Golfe, qui dispose de tant de ressources...
Et les bénéfices ont été de 26 Mds de dollars (soit 22% du CA, qui qui est une magnifique performance). Les seuls bénéfices de Google sont supérieurs au PIB de l'Islande (24.85 Mds), à celui du Sénégal (16.06), de Malte (12.01) ou de la Macédoine (11,42).
C'est à dire que sur ses seuls bénéfices (semble-t-il assez peu soumis à l'impôt), Google pourrait assurer le train de vie d'un de ces pays.
Qu'en penser, à part que le vertige ne se soigne pas facilement ? Qu'une telle manne se construit sur les revenus publicitaires (pourquoi pas ?) mais aussi sur la revente des données que nous fournissons quotidiennement ? Qu'on pourrait probablement trouver une utilisation sociétalement performante de ce trésor ?
Que tant de richesse accumulée au nez et à la barbe de millions d'humains pauvres ne pourra, à terme qu'apporter de la violence ?
H
Ce montant est colossal, seuls des États brassent des montants de cet ordre-là. Si Google était un État, il se placerait au 62ème rang mondial. C'est à dire que Google brasse plus d'argent que 130 pays dans le monde. Le PIB du Maroc, celui du Luxembourg, ceux de la Tunisie, de l'Éthiopie, du Kenya sont inférieurs à 117 Milliards d'Euros. En fait, Google se placerait immédiatement après le Koweit, cet État pétrolier du Golfe, qui dispose de tant de ressources...
Et les bénéfices ont été de 26 Mds de dollars (soit 22% du CA, qui qui est une magnifique performance). Les seuls bénéfices de Google sont supérieurs au PIB de l'Islande (24.85 Mds), à celui du Sénégal (16.06), de Malte (12.01) ou de la Macédoine (11,42).
C'est à dire que sur ses seuls bénéfices (semble-t-il assez peu soumis à l'impôt), Google pourrait assurer le train de vie d'un de ces pays.
Qu'en penser, à part que le vertige ne se soigne pas facilement ? Qu'une telle manne se construit sur les revenus publicitaires (pourquoi pas ?) mais aussi sur la revente des données que nous fournissons quotidiennement ? Qu'on pourrait probablement trouver une utilisation sociétalement performante de ce trésor ?
Que tant de richesse accumulée au nez et à la barbe de millions d'humains pauvres ne pourra, à terme qu'apporter de la violence ?
H
lundi 19 février 2018
Si c'est vrai ...
On lit aujourd'hui sur Marianne.net, qui reprend une information de Europe1.fr, que Lactalis aurait obtenu des résultats "de complaisance" de la part d'un laboratoire d'analyses. Ouest France prend le risque de citer Eurofins, un géant mondial de l'analyse, notamment biologique. Les analyses porteraient sur la présence de traces d'allergènes, et pas de micro-organismes...
Lactalis dément l'information.
Peu importe le nom du laboratoire. Il est de toutes façons accrédité ISO 17025 par le Cofrac. La norme insiste sur le fait que le personnel du laboratoire doit être protégé, par sa hiérarchie, de toute pression ne nature à mettre en cause la confiance que l'on peut accorder au résultat.
Le problème avec les normes comme l'ISO 9001, l'ISO 13485 ou l'ISO 17025, c'est que l'auditeur (ou l'évaluateur dans le cas de l'accréditation), n'a absolument pas les moyens de déceler les mensonges. Souvenez-vous de l'affaire PIP, entreprise certifiée ISO 13485 et pourtant fabricant délibérément des produits non conformes...
Tout le système de certification, et même d'accréditation, repose sur l'idée que les différents acteurs sont de bonne foi. L'auditeur n'est pas un inspecteur assermenté, il ne dispose que de peu de pouvoir réel - au pire la certification ou l'accréditation seront refusées.
Aux États-Unis, les contrôles sont faits par une Agence Fédérale. La seule FDA s'occupe aussi bien de l'alimentation, des médicaments que des dispositifs médicaux. Des agents fédéraux disposent d'un réel pouvoir. Un employé pris à mentir risquerait de passer du temps dans un pénitencier. C'est évidemment plus sérieux.
Honnêtement, j'ai beaucoup de mal à croire qu'un labo comme Eurofins prenne le risque d'un comportement aussi déviant. Quand on perd sa crédibilité, on perd ses clients. Et je ne suis pas le seul à faire confiance au labo, puisque la bourse n'a pas vu chuter le cours de l'action aujourd'hui (-1.3% sur la journée, mais +16% sur un an, et même +1600% (oui, le cours a été multiplié par plus de 160) depuis février 2010).
Mais si les faits sont avérés, je pense que cela remettra en cause l'approche européenne de la surveillance des marchés par des acteurs privés (les organismes de certification) dont la compétence, si étendue soit-elle, ne permettra jamais remplacer le manque d'autorité.
H
Lactalis dément l'information.
Peu importe le nom du laboratoire. Il est de toutes façons accrédité ISO 17025 par le Cofrac. La norme insiste sur le fait que le personnel du laboratoire doit être protégé, par sa hiérarchie, de toute pression ne nature à mettre en cause la confiance que l'on peut accorder au résultat.
Le problème avec les normes comme l'ISO 9001, l'ISO 13485 ou l'ISO 17025, c'est que l'auditeur (ou l'évaluateur dans le cas de l'accréditation), n'a absolument pas les moyens de déceler les mensonges. Souvenez-vous de l'affaire PIP, entreprise certifiée ISO 13485 et pourtant fabricant délibérément des produits non conformes...
Tout le système de certification, et même d'accréditation, repose sur l'idée que les différents acteurs sont de bonne foi. L'auditeur n'est pas un inspecteur assermenté, il ne dispose que de peu de pouvoir réel - au pire la certification ou l'accréditation seront refusées.
Aux États-Unis, les contrôles sont faits par une Agence Fédérale. La seule FDA s'occupe aussi bien de l'alimentation, des médicaments que des dispositifs médicaux. Des agents fédéraux disposent d'un réel pouvoir. Un employé pris à mentir risquerait de passer du temps dans un pénitencier. C'est évidemment plus sérieux.
Honnêtement, j'ai beaucoup de mal à croire qu'un labo comme Eurofins prenne le risque d'un comportement aussi déviant. Quand on perd sa crédibilité, on perd ses clients. Et je ne suis pas le seul à faire confiance au labo, puisque la bourse n'a pas vu chuter le cours de l'action aujourd'hui (-1.3% sur la journée, mais +16% sur un an, et même +1600% (oui, le cours a été multiplié par plus de 160) depuis février 2010).
Mais si les faits sont avérés, je pense que cela remettra en cause l'approche européenne de la surveillance des marchés par des acteurs privés (les organismes de certification) dont la compétence, si étendue soit-elle, ne permettra jamais remplacer le manque d'autorité.
H
lundi 12 février 2018
Le statut des fonctionnaires
Ainsi donc le gouvernement souhaite modifier le statut des fonctionnaires. Pour le rapprocher de celui des salariés du privé. Pourquoi pas ? Tous les gouvernements de la Vème république ont, un jour ou l'autre, annoncé qu'il n'existait pas de tabou sur tel ou tel sujet.
Et l'on entend sur les radios (enfin, sur les radios que j'écoute) des échanges vigoureux pour savoir si l'administration a des "usagers" ou des "clients". Les "clients" renverraient nécessairement à une vision mercantile de la société, et les "usagers" à une vision désintéressée. Il est amusant de constater que ce même discours se retrouve dans les structures médico-sociales ou médicales. "Nous, nous travaillons avec l'humain" est la réponse universelle à toutes les propositions. Travailler avec l'humain, certes, mais en échange d'un salaire, n'est-ce pas ? Il n'est donc pas totalement absurde de faire entrer un peu d'argent dans le tableau ? Alors, client ou usager, peu importe : il faut que l'activité du professionnel puisse générer de la valeur.
Et cette valeur peut fort bien être un service. Ou toute autre prestation immatérielle. Il suffit que quelqu'un considère que cette prestation a de la valeur pour que ça marche. Lorsqu'un citoyen se rend dans sa mairie pour obtenir un extrait de naissance, ou une carte d'identité, il reconnait que l'administration municipale va l'aider dans sa démarche, ne serait-ce qu'en la traitant.
Cette personne, c'est ce qu'on appelle un client. Acceptons cette définition et ne lançons pas de polémique sur le vocabulaire, ça n'apporte pas de valeur au débat ! La reconnaissance de valeur dans l'activité rend ipso facto le citoyen client. Donc l'administration devient fournisseur.
Les organisations sont au service de leurs clients. Et le client n'est pas nécessairement le client externe, celui qui paye, ni celui ou celle qui bénéficie du service. Le client peut aussi être un client interne. Et même dans l'administration, il y a des clients internes et des fournisseurs internes. Un professeur des écoles, un professeur de collège ou de lycée, sont autant de fournisseurs de service. Mais le rectorat est également un prestataire, au service de ses clients que sont (que devraient être) les enseignants.
C'est probablement là que les choses vont coincer. L'Administration publique dépense une énergie non négligeable à s'auto-surveiller, dans des procédures qui n'identifient pas toujours les véritables clients. Alors, on tombe dans la bureaucratie, avec des personnes dont la seule activité est de vérifier que le travail des contrôleurs est bien fait. Ces personnes travaillent, mais quelle valeur ajoutent-elles au système ? Quelle valeur ont-elles à proposer à celles et ceux qui sont au contact direct des clients finaux ? Et si elles sont au service de la direction (du ministre), peuvent-elles être exclusivement au service du ministère ?
Avant de s'écharper sur les distinctions envisageables entre "client" et "usager", il serait bon de se poser la question du but : quelle est la valeur que tel ou tel pan de l'administration doit apporter à la Société.
Ensuite on construira.
H
Et l'on entend sur les radios (enfin, sur les radios que j'écoute) des échanges vigoureux pour savoir si l'administration a des "usagers" ou des "clients". Les "clients" renverraient nécessairement à une vision mercantile de la société, et les "usagers" à une vision désintéressée. Il est amusant de constater que ce même discours se retrouve dans les structures médico-sociales ou médicales. "Nous, nous travaillons avec l'humain" est la réponse universelle à toutes les propositions. Travailler avec l'humain, certes, mais en échange d'un salaire, n'est-ce pas ? Il n'est donc pas totalement absurde de faire entrer un peu d'argent dans le tableau ? Alors, client ou usager, peu importe : il faut que l'activité du professionnel puisse générer de la valeur.
Et cette valeur peut fort bien être un service. Ou toute autre prestation immatérielle. Il suffit que quelqu'un considère que cette prestation a de la valeur pour que ça marche. Lorsqu'un citoyen se rend dans sa mairie pour obtenir un extrait de naissance, ou une carte d'identité, il reconnait que l'administration municipale va l'aider dans sa démarche, ne serait-ce qu'en la traitant.
Cette personne, c'est ce qu'on appelle un client. Acceptons cette définition et ne lançons pas de polémique sur le vocabulaire, ça n'apporte pas de valeur au débat ! La reconnaissance de valeur dans l'activité rend ipso facto le citoyen client. Donc l'administration devient fournisseur.
Les organisations sont au service de leurs clients. Et le client n'est pas nécessairement le client externe, celui qui paye, ni celui ou celle qui bénéficie du service. Le client peut aussi être un client interne. Et même dans l'administration, il y a des clients internes et des fournisseurs internes. Un professeur des écoles, un professeur de collège ou de lycée, sont autant de fournisseurs de service. Mais le rectorat est également un prestataire, au service de ses clients que sont (que devraient être) les enseignants.
C'est probablement là que les choses vont coincer. L'Administration publique dépense une énergie non négligeable à s'auto-surveiller, dans des procédures qui n'identifient pas toujours les véritables clients. Alors, on tombe dans la bureaucratie, avec des personnes dont la seule activité est de vérifier que le travail des contrôleurs est bien fait. Ces personnes travaillent, mais quelle valeur ajoutent-elles au système ? Quelle valeur ont-elles à proposer à celles et ceux qui sont au contact direct des clients finaux ? Et si elles sont au service de la direction (du ministre), peuvent-elles être exclusivement au service du ministère ?
Avant de s'écharper sur les distinctions envisageables entre "client" et "usager", il serait bon de se poser la question du but : quelle est la valeur que tel ou tel pan de l'administration doit apporter à la Société.
Ensuite on construira.
H
vendredi 19 janvier 2018
Mon classement Lactalis : le palmarès bouge !
Bienvenue à M. Mélanchon, grâce à cette fine analyse de l' "affaire Lactalis" : "Ça se paye de détruire l'Etat, ça se paye cher", ajoutant "C'est [Bruno Le Maire], quand il était ministre d'autre chose dans un autre gouvernement qui a supprimé des centaines de postes de contrôleurs". "Si vous ne contrôlez pas, ne vous étonnez pas qu'il y ait des problèmes".
Monsieur le député, ex-sénateur, ex-ministre, j'ai bien peur que vous n'ayez dépassé les limites de vos compétences - qui sont probablement très étendues. Mais elle restent insuffisante en matière de maîtrise de l'hygiène alimentaire.
Les contrôleurs, à eux seuls, auraient donc plus de pouvoir que les statistiques ? Malheureusement, uUn niveau de contamination aussi faible, les contrôleurs, publics ou privés, ne peuvent pas le voir avec les méthodes traditionnelles.
Mais ce qui me choque le plus, monsieur le député, c'est le parti pris que vous avez, consistant à considérer que, si l'on est riche, alors nécessairement on n'a pas de morale. Le patron du groupe Lactalis est riche (plus que vous, plus que moi), et sa richesse s'appuie (au moins en partie) sur la répartition très inégale des profits avec les éleveurs laitiers. Pour cela, d'accord, on peut suspecter une morale défaillante. Mais je pense qu'aujourd'hui rien ne permet d'affirmer que les fabricants avaient connaissance de la contamination des lots commercialisés. Encore une fois, parce que le niveau de contamination semble très faible.
Et je ne pense pas que la décision de commercialiser sciemment un ou plusieurs lots reconnus comme contaminés serait remontée jusqu'à lui. C'est en tout cas ce que je connais du fonctionnement des grands groupes. Il y aurait au moins eu un directeur sur le parcours menant du labo découvrant la contamination jusqu'au sommet de l'organigramme du groupe pour bloquer l'information. Car ce genre d'information fait courir un risque trop important de passer pour un incompétent.
En résumé, ce n'est pas parce que tout le monde est appelé à donner son avis qu'il faut en rajouter.
Ou alors, il faut amener une véritable information.
H
Monsieur le député, ex-sénateur, ex-ministre, j'ai bien peur que vous n'ayez dépassé les limites de vos compétences - qui sont probablement très étendues. Mais elle restent insuffisante en matière de maîtrise de l'hygiène alimentaire.
Les contrôleurs, à eux seuls, auraient donc plus de pouvoir que les statistiques ? Malheureusement, uUn niveau de contamination aussi faible, les contrôleurs, publics ou privés, ne peuvent pas le voir avec les méthodes traditionnelles.
Mais ce qui me choque le plus, monsieur le député, c'est le parti pris que vous avez, consistant à considérer que, si l'on est riche, alors nécessairement on n'a pas de morale. Le patron du groupe Lactalis est riche (plus que vous, plus que moi), et sa richesse s'appuie (au moins en partie) sur la répartition très inégale des profits avec les éleveurs laitiers. Pour cela, d'accord, on peut suspecter une morale défaillante. Mais je pense qu'aujourd'hui rien ne permet d'affirmer que les fabricants avaient connaissance de la contamination des lots commercialisés. Encore une fois, parce que le niveau de contamination semble très faible.
Et je ne pense pas que la décision de commercialiser sciemment un ou plusieurs lots reconnus comme contaminés serait remontée jusqu'à lui. C'est en tout cas ce que je connais du fonctionnement des grands groupes. Il y aurait au moins eu un directeur sur le parcours menant du labo découvrant la contamination jusqu'au sommet de l'organigramme du groupe pour bloquer l'information. Car ce genre d'information fait courir un risque trop important de passer pour un incompétent.
En résumé, ce n'est pas parce que tout le monde est appelé à donner son avis qu'il faut en rajouter.
Ou alors, il faut amener une véritable information.
H
jeudi 28 décembre 2017
Le bonheur au travail
Dans l'introduction de l'excellent reportage passé sur Arte en février 2015 et intitulé "Le bonheur au travail", Isaac Getz expliquait qu'en France et en Allemagne, seuls 10 % environ des salariés étaient engagés au travail, 60 % étaient désengagés et 30 % activement désengagés. C'est ce qui ressortait d'une étude menée par Gallup en Europe et en 2014.
La même étude, sur l'engagement des travailleurs, mais aux États-Unis cette fois, donne pour 2017 des chiffres nettement différents : 33 % d'engagés, 51 % de désengagés et 16 % seulement d'activement désengagés.
Amis dirigeants : lisez cette étude, et inspirez-vous des principes de management que l'on trouve, par exemple dans le modèle du Malcolm Baldrige National Quality Award. Il en va de la compétitivité de vos (de nos) entreprises.
H
La même étude, sur l'engagement des travailleurs, mais aux États-Unis cette fois, donne pour 2017 des chiffres nettement différents : 33 % d'engagés, 51 % de désengagés et 16 % seulement d'activement désengagés.
Amis dirigeants : lisez cette étude, et inspirez-vous des principes de management que l'on trouve, par exemple dans le modèle du Malcolm Baldrige National Quality Award. Il en va de la compétitivité de vos (de nos) entreprises.
H
mercredi 27 décembre 2017
La salmonelle et le juge
Ainsi, la justice a ouvert une enquête préliminaire sur la contamination des laits en poudre Lactalis. On savait déjà que tous les lots produits depuis février avaient été rappelés - ce qui représente des milliers de tonnes, dont une partie non négligeable doit avoir été consommée. On apprend aujourd'hui que l'enquête porte sur « blessures involontaires », « mise en danger de la vie d'autrui », « tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine » et « inexécution d'une procédure de retrait ou de rappel d'un produit » préjudiciable à la santé.
À la télévision, le journaliste parlait de "scandale". On lit ici ou là que des parents recherchent des manquements, veulent savoir comment la salmonelle a pu entrer dans l'usine...
Je crains que les choses ne soient plus simples. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, Salmonella est une bactérie commune. Elle est probablement entrée dans l'usine avec le lait, tout simplement.
Ensuite, les tours d'atomisation ne sont pas prévues pour être stérilisées. Je ne connais pas les installations de cette usine, mais j'ai vu quelques-unes de ces machines. Et si l'on peut nettoyer assez facilement la tour elle-même, c'est beaucoup moins vrai pour le cyclone qui récupère les fines. Il va falloir démonter, voire découper de l'inox ! Bien sûr, l'industrie pharmaceutique utilise des installations de tailles nettement plus réduites, que l'on peut stériliser. Mais je pense que c'est exceptionnel dans l'industrie agro-alimentaire. Et un lait maternisé n'est pas une substance active pharmaceutique.
Alors, bien entendu, les lots produits sont contrôlés. On réalise des prélèvements, que l'on analyse. Et l'on prend des décisions pour les lots à partir des résultats obtenus sur des échantillons. En oubliant ce que signifie le risque associé à la statistique. "Absence de salmonelle dans 10 grammes", ou "dans 125 grammes", ou même "dans 750 grammes" ne signifie pas "absence de salmonelle dans un millier de tonnes". Les seuls coupables sont ceux qui prétendent oublier cela. Les autorités comptent pour l'instant 35 victimes, en 6 mois. Même si le chiffre est très sous-estimé, disons d'un facteur 100, cela ne fait "que" 3500 infections à Salmonella. Si la production considérée est seulement de 3500 tonnes (ce qui ne fait que 810 kg / h dans un site qui tournerait en 5x8, nuit et jour. On est loin des norias de camions décrites par les journalistes) , et si les emballages contiennent 1 kg de lait, on est sur une contamination de 3 500 emballages / 3 500 000. Un emballage contaminé pour mille, peut-être avec une seule bactérie. Un niveau très difficile à détecter. Pour maîtriser le risque, il faut alors passer à d'autre méthodes, comme par exemple la stérilisation de la poudre à la lumière pulsée. Mais ça coûte cher.
Par ailleurs, et toujours selon l'Organisation Mondiale de la Santé, pour éviter la salmonellose il faut " Éviter le lait cru et les produits à base de lait cru. Ne boire que du lait pasteurisé ou bouilli. Faites bouillir le lait. Même (surtout !) celui de vos nourrissons. Et s'il y avait des salmonelles, elles disparaîtront. Et les enfants ne seront pas malades. Et il n'y aura pas de coupables à rechercher.
Bref : les conseils de grand-mère restent valables. C'est rassurant.
H
À la télévision, le journaliste parlait de "scandale". On lit ici ou là que des parents recherchent des manquements, veulent savoir comment la salmonelle a pu entrer dans l'usine...
Je crains que les choses ne soient plus simples. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, Salmonella est une bactérie commune. Elle est probablement entrée dans l'usine avec le lait, tout simplement.
Ensuite, les tours d'atomisation ne sont pas prévues pour être stérilisées. Je ne connais pas les installations de cette usine, mais j'ai vu quelques-unes de ces machines. Et si l'on peut nettoyer assez facilement la tour elle-même, c'est beaucoup moins vrai pour le cyclone qui récupère les fines. Il va falloir démonter, voire découper de l'inox ! Bien sûr, l'industrie pharmaceutique utilise des installations de tailles nettement plus réduites, que l'on peut stériliser. Mais je pense que c'est exceptionnel dans l'industrie agro-alimentaire. Et un lait maternisé n'est pas une substance active pharmaceutique.
Alors, bien entendu, les lots produits sont contrôlés. On réalise des prélèvements, que l'on analyse. Et l'on prend des décisions pour les lots à partir des résultats obtenus sur des échantillons. En oubliant ce que signifie le risque associé à la statistique. "Absence de salmonelle dans 10 grammes", ou "dans 125 grammes", ou même "dans 750 grammes" ne signifie pas "absence de salmonelle dans un millier de tonnes". Les seuls coupables sont ceux qui prétendent oublier cela. Les autorités comptent pour l'instant 35 victimes, en 6 mois. Même si le chiffre est très sous-estimé, disons d'un facteur 100, cela ne fait "que" 3500 infections à Salmonella. Si la production considérée est seulement de 3500 tonnes (ce qui ne fait que 810 kg / h dans un site qui tournerait en 5x8, nuit et jour. On est loin des norias de camions décrites par les journalistes) , et si les emballages contiennent 1 kg de lait, on est sur une contamination de 3 500 emballages / 3 500 000. Un emballage contaminé pour mille, peut-être avec une seule bactérie. Un niveau très difficile à détecter. Pour maîtriser le risque, il faut alors passer à d'autre méthodes, comme par exemple la stérilisation de la poudre à la lumière pulsée. Mais ça coûte cher.
Par ailleurs, et toujours selon l'Organisation Mondiale de la Santé, pour éviter la salmonellose il faut " Éviter le lait cru et les produits à base de lait cru. Ne boire que du lait pasteurisé ou bouilli. Faites bouillir le lait. Même (surtout !) celui de vos nourrissons. Et s'il y avait des salmonelles, elles disparaîtront. Et les enfants ne seront pas malades. Et il n'y aura pas de coupables à rechercher.
Bref : les conseils de grand-mère restent valables. C'est rassurant.
H
mercredi 22 novembre 2017
Les couts de non-qualité
L'Afnor vient de publier le document suivant. C'est le bilan d'une enquête réalisée en 2017 sur 800 entreprises française, s'intéressant aux couts de non-qualité.
De manière assez prévisible, le bilan est assez pessimiste :
Les couts de non-qualité sont pourtant une réserve considérable de compétitivité, que nos entreprises gagneraient à mobiliser. Mais tant que l'on n'enseignera pas ce genre de notions dans les écoles de management, je suis pessimiste moi aussi.
H
De manière assez prévisible, le bilan est assez pessimiste :
- les entreprises mesurent peu, ou mal, les couts de non-qualité
- elles n'engagent pas d'actions lorsqu'elles identifient des sources
- elles ont tendance à sous-estimer les montants (66% pensent qu'ils s'élèvent à moins de 5% de leur CA)
Les couts de non-qualité sont pourtant une réserve considérable de compétitivité, que nos entreprises gagneraient à mobiliser. Mais tant que l'on n'enseignera pas ce genre de notions dans les écoles de management, je suis pessimiste moi aussi.
H
mardi 17 octobre 2017
Heureux comme un pharmacien en France ...
Mon dentiste m'a donné une ordonnance pour prendre des antibiotiques :
La posologie est de 2 sachets par jour pendant 8 jours, soit 16 sachets. Une boîte contient 12 sachets. Il faut donc en acheter 2, soit 24 sachets. Une fois le traitement fini, il restera 8 sachets, à rapporter à la pharmacie.
La sécurité sociale va donc rembourser 24 unités, dont 8, le tiers, sera détruit. Le tiers qui part à la poubelle. 33,3% de gaspillage. Enfin, pas gaspillage pour tout le monde. Visiblement, les industriels doivent s'y retrouver.
Et dire que l'on trouve des personnes pour considérer que le lean management ne peut pas s'appliquer au monde de la santé !
H
La posologie est de 2 sachets par jour pendant 8 jours, soit 16 sachets. Une boîte contient 12 sachets. Il faut donc en acheter 2, soit 24 sachets. Une fois le traitement fini, il restera 8 sachets, à rapporter à la pharmacie.
La sécurité sociale va donc rembourser 24 unités, dont 8, le tiers, sera détruit. Le tiers qui part à la poubelle. 33,3% de gaspillage. Enfin, pas gaspillage pour tout le monde. Visiblement, les industriels doivent s'y retrouver.
Et dire que l'on trouve des personnes pour considérer que le lean management ne peut pas s'appliquer au monde de la santé !
H
lundi 9 octobre 2017
"C'est une ânerie" (le Ministre)
Ce matin, alors que j'arrive chez un client, j'écoute France Inter, qui a un invité de marque : Bruno Le Maire, ministre de l'économie. Il est interrogé sur la politique fiscale française, et déclare "Je ne crois pas un instant à la théorie du ruissellement de l'argent, du ruissellement de la fortune, du ruissellement des riches. C'est une ânerie." Cette affirmation me fait plaisir, car de mon côté, je n'y crois pas non plus. Les très très riches vont faire ruisseler leur argent dans des paradis fiscaux, ou vont s'entre-échanger leurs jets privés, leurs appartements ou leurs hôtels, leurs œuvres d'art et leurs montres extravagantes. L'ouvrier local ne verra jamais la couleur de quoi que ce soit. L'état, un peu, puisque les voitures de grosse cylindrée vont consommer du carburant et générer de la TIPP, et les producteurs de champagne aussi.
Mais plus tard, ça se gâte. Je vous recommande d'écouter le replay, entre 03:06 et 03:37. Vous y entendrez ceci : "Le choix que nous faisons, c'est de réinjecter plus de capital dans l'économie française qui a besoin de mieux se financer. Quand vous regardez la situation économique française, c'est très simple : nous avons des entreprises qui ont du mal à se financer. Qui ne sont pas assez profitables. Et comme elles ne sont pas assez profitables, au lieu d'investir, d'innover, elles ne peuvent pas. Elles n'ont pas l'argent pour acheter un robot, pour se digitaliser, pour se moderniser, pour améliorer la qualité de leurs produits. On le sait tous, que nous avons un problème d'offre, que nos produits ne sont pas forcément aux meilleurs standards, et ne tiennent pas compte suffisamment des exigences de compétitivité."
Et bien, Monsieur le Ministre, et avec tout le respect que je vous dois, vous venez de proférer une autre ânerie (voire deux, puisque je ne vois pas le rapport entre ne pas pouvoir se financer et ne pas être profitable : les deux choses me semblent indépendantes, mais bon, je vous fais confiance)
Que certaines entreprises n'aient pas assez de réserves pour investir dans un nouvel outil de production qui leur permettrait une diversification, pour changer de technologie ou pour augmenter considérablement leurs capacités de production, je l'admets volontiers. Que la réponse à ce problème soit une plus grande disponibilité de capitaux que des propriétaires pourraient investir, je veux bien le croire aussi.
Mais lier les problèmes qualité des entreprises au manque de capitaux, ou à une taxation trop importante des revenus du capital, c'est n'importe quoi. Vraiment. La qualité des produits n'est que rarement liée à l'investissement. Le plus souvent, elle est due à de mauvaises décisions. À l'emploi de personnes non formées. À la recherche du profit à court terme. À un management par objectifs qui oublie la cohérence du système pour insister sur de optimums locaux (l'acheteur par exemple va diminuer son budget achats et sera récompensé pour cela, quelles que puissent être les conséquences sur ses collègues de production).
Le problème de l'économie française, Monsieur le Ministre, c'est que tous les décideurs - dont vous faites partie depuis de nombreuses années - parlent de qualité sans avoir la moindre idée de ce que ce concept recouvre.
Et plus ça va, moins ça me fait rire.
H
Mais plus tard, ça se gâte. Je vous recommande d'écouter le replay, entre 03:06 et 03:37. Vous y entendrez ceci : "Le choix que nous faisons, c'est de réinjecter plus de capital dans l'économie française qui a besoin de mieux se financer. Quand vous regardez la situation économique française, c'est très simple : nous avons des entreprises qui ont du mal à se financer. Qui ne sont pas assez profitables. Et comme elles ne sont pas assez profitables, au lieu d'investir, d'innover, elles ne peuvent pas. Elles n'ont pas l'argent pour acheter un robot, pour se digitaliser, pour se moderniser, pour améliorer la qualité de leurs produits. On le sait tous, que nous avons un problème d'offre, que nos produits ne sont pas forcément aux meilleurs standards, et ne tiennent pas compte suffisamment des exigences de compétitivité."
Et bien, Monsieur le Ministre, et avec tout le respect que je vous dois, vous venez de proférer une autre ânerie (voire deux, puisque je ne vois pas le rapport entre ne pas pouvoir se financer et ne pas être profitable : les deux choses me semblent indépendantes, mais bon, je vous fais confiance)
Que certaines entreprises n'aient pas assez de réserves pour investir dans un nouvel outil de production qui leur permettrait une diversification, pour changer de technologie ou pour augmenter considérablement leurs capacités de production, je l'admets volontiers. Que la réponse à ce problème soit une plus grande disponibilité de capitaux que des propriétaires pourraient investir, je veux bien le croire aussi.
Mais lier les problèmes qualité des entreprises au manque de capitaux, ou à une taxation trop importante des revenus du capital, c'est n'importe quoi. Vraiment. La qualité des produits n'est que rarement liée à l'investissement. Le plus souvent, elle est due à de mauvaises décisions. À l'emploi de personnes non formées. À la recherche du profit à court terme. À un management par objectifs qui oublie la cohérence du système pour insister sur de optimums locaux (l'acheteur par exemple va diminuer son budget achats et sera récompensé pour cela, quelles que puissent être les conséquences sur ses collègues de production).
Le problème de l'économie française, Monsieur le Ministre, c'est que tous les décideurs - dont vous faites partie depuis de nombreuses années - parlent de qualité sans avoir la moindre idée de ce que ce concept recouvre.
Et plus ça va, moins ça me fait rire.
H
dimanche 1 octobre 2017
Encore un livre
Encore un livre dont il faut que je vous parle ! J'ai entendu il y a quelques jours une interview de l'auteur, et j'ai acheté le livre le midi même. Il faut reconnaitre que l'objectif est ambitieux : en finir avec la pauvreté. Je dois reconnaître que j'ai aussi été piqué par une remarque sur les emplois les mieux rémunérés et les moins utiles, parmi lesquels l'auteur range les consultants. Je crois qu'il a tort - du moins en ce qui me concerne. Je n'ai pas de costumes sur mesure, ni de voiture italienne, et mes interventions apportent quelque chose à mes clients. De la vraie valeur. Mais, comme le titre de "consultant" n'est pas protégé, il existe de très nombreuses variantes de l'activité. Et nul doute que dans quelques mois, le jeune Franck Ribéry sera recruté comme consultant par une chaine de télévision, rejoignant le consultant Candeloro et la consultante Marie-José Perec. Je ne remets pas en cause l'époustouflant palmarès sportif de ces personnes, mais nous ne faisons pas le même métier.
Rutger Bregman est un journaliste néerlandais, et il a écrit un livre salutaire, en rappelant, références à l'appui, les multiples expériences tournant autour du revenu universel, et de sa grande efficacité économique. Il est plus efficace de donner directement de l'argent aux pauvres, sans leur poser de questions, que de leur demander de venir remplir de lourds formulaires que de multiples agents publics et associatifs vont relire, analyser, classer, avant de se réunir et de décider qui aura droit à laquelle des innombrables aides possibles. 1 € donné directement à un SDF rapporte 3 € à la société, en économies sur la santé, la police, la justice. Sans même parler du cout de traitement de la demande. Après tout, les individus concernés pourront alors faire leur "vrai" métier, et accompagner ceux qui le souhaitent...
C'est en droite ligne avec ce que je défends depuis longtemps : faisons simple et efficace !
Au-delà du revenu universel, le livre (très documenté) aborde des points connexes, comme l'ouverture des frontières, l'inutilité du PIB en tant qu'indicateur, ou la réduction du temps de travail. C'est Keynes, l'économiste libéral, qui, en 1930, pronostiquait que les salariés de 2030 ne travailleraient plus que 15 heures par semaine, et que le plus grand défi de l'humanité serait de savoir que faire de ses loisirs ! L'écriture est claire, concise, le livre agréable à lire.
Et l'épilogue vaut à lui seul que l'on achète le livre. Il nous y présente le "socialiste perdant", personnage généreux, mais résigné. Avant de nous recommander de croire que les solutions sont possibles et que la normalité d'aujourd'hui était hier une utopie irréaliste (le non-travail des enfants, l'abolition de l'esclavage, le droit de vote des femmes, etc.), il cite Rebecca Solnit (journaliste américaine, écrivaine sur des sujets de société) "Il y a un genre de militantisme qui a plus à voir avec le renforcement de l'identité qu'avec le fait d'obtenir des résultats"
Cette phrase n'a pas fini de me faire réfléchir.
H
Rutger Bregman est un journaliste néerlandais, et il a écrit un livre salutaire, en rappelant, références à l'appui, les multiples expériences tournant autour du revenu universel, et de sa grande efficacité économique. Il est plus efficace de donner directement de l'argent aux pauvres, sans leur poser de questions, que de leur demander de venir remplir de lourds formulaires que de multiples agents publics et associatifs vont relire, analyser, classer, avant de se réunir et de décider qui aura droit à laquelle des innombrables aides possibles. 1 € donné directement à un SDF rapporte 3 € à la société, en économies sur la santé, la police, la justice. Sans même parler du cout de traitement de la demande. Après tout, les individus concernés pourront alors faire leur "vrai" métier, et accompagner ceux qui le souhaitent...
C'est en droite ligne avec ce que je défends depuis longtemps : faisons simple et efficace !
Au-delà du revenu universel, le livre (très documenté) aborde des points connexes, comme l'ouverture des frontières, l'inutilité du PIB en tant qu'indicateur, ou la réduction du temps de travail. C'est Keynes, l'économiste libéral, qui, en 1930, pronostiquait que les salariés de 2030 ne travailleraient plus que 15 heures par semaine, et que le plus grand défi de l'humanité serait de savoir que faire de ses loisirs ! L'écriture est claire, concise, le livre agréable à lire.
Et l'épilogue vaut à lui seul que l'on achète le livre. Il nous y présente le "socialiste perdant", personnage généreux, mais résigné. Avant de nous recommander de croire que les solutions sont possibles et que la normalité d'aujourd'hui était hier une utopie irréaliste (le non-travail des enfants, l'abolition de l'esclavage, le droit de vote des femmes, etc.), il cite Rebecca Solnit (journaliste américaine, écrivaine sur des sujets de société) "Il y a un genre de militantisme qui a plus à voir avec le renforcement de l'identité qu'avec le fait d'obtenir des résultats"
Cette phrase n'a pas fini de me faire réfléchir.
H
jeudi 28 septembre 2017
Frederick Winslow Taylor
Je me suis offert récemment un livre ancien, c'est Principes d'Organisation Scientifique des Usines, traduction française du livre de Taylor. Il faut dire que je parlais de l'OST (l'Organisation Scientifique du Travail) et du Taylorisme "comme tout le monde", et comme tout le monde (ou presque) je n'en avais rien lu. J'ai donc décidé de changer ça. J'ai trouvé un exemplaire de l'édition de 1911 chez un bouquiniste madrilène, et je l'ai reçu quelques jours plus tard.
Je dois avouer que la lecture de cet opuscule m'a beaucoup surpris. Et surpris à plusieurs niveaux:
Malheureusement, le livre contient d'autres éléments avec lesquels je suis moins à l'aise :
Le plus fort - si je puis m'exprimer ainsi - est la préface écrite par Henry Le Chatelier, membre de l'Institut. Ce grand chimiste, à qui l'on doit la "Loi générale de modération", se pique ici de décrypter la science économique. Je le cite: "Cette lutte incessante du capital et du travail, arrivée aujourd'hui [on est en 1911 !] à l'état aigu, a deux origines bien distinctes : la méchanceté naturelle de l'homme qui le pousse à faire le plus de mal possible à son prochain, soit pour lui prendre son bien, soit pour le simple plaisir du mal, et plus heureusement encore, son ignorance de son véritable intérêt.". Ah! l'ouvrier bête et méchant... le joli cliché que voilà. À le lire, on sent qu'il n'avait guère d'atomes crochus avec Karl Marx.
Je le cite encore : "La diffusion générale de la croyance à l'existence de lois naturelles inévitables [il parle ici de l'économie], c'est à dire la croyance au Déterminisme, constituera un progrès énorme, même si les lois dont on admet la possibilité restaient encore toutes inconnues." En d'autres termes: "Je sais qu'il existe des lois, je ne sais pas lesquelles, mais je sais qu'elles vont justifier mes affirmations". Pour un scientifique, je le trouve bien léger...
En définitive, il s'agit là d'un ouvrage ... que l'on peut oublier!
H
Je dois avouer que la lecture de cet opuscule m'a beaucoup surpris. Et surpris à plusieurs niveaux:
- D'abord, la méthode "scientifique" n'est pas réellement décrite. On parle de la mesure des temps, mais sans aucun détail. Ce qui est certain, c'est que de nombreux outils, en particulier statistiques, sont mobilisables dans le cadre de l'OST. Taylor décrit notamment des études conduites sur un tour destiné à usiner de l'acier, pour lequel il a fallu pas moins de 26 années pour conduire les essais ! Le plus difficile, explique-t-il, a été d'arriver à maintenir constant tous les paramètres étudiés quand on en faisait varier qu'un seul. Si seulement il avait connu Genichi Taguchi (qui ne naîtra qu'en 1928) et ses plans d'expérience en blocs incomplets, il aurait pu réaliser le même travail en quelques semaines seulement...
- L'OST n'est donc pas seulement le découpage du travail en tâches élémentaires, c'est aussi l'adoption de méthodes de travail standardisées : si l'on veut usiner les pièces plus rapidement, il faut appliquer telle pression sur l'outil de découpe, et celui-ci doit présenter tel profil si la pièce à usiner est réalisée dans telle nuance d'acier. L'OST c'est aussi des règles à calcul, des abaques, des outils d'aide au réglage.
- Taylor explique aussi que l'ouvirer qui travaille plus doit être rémunéré pour cela. Les augmentations de salaire recommandées sont de l'ordre de + 60 à + 100%. Le partage des profits est donc explicitement prévu. Bien sur, l'entrepreneur doit en conserver la plus grande part (l'augmentation de salaire de + 100% est réservée aux ouvriers ayant triplé leur production...), mais c'est pour diminuer le prix de vente, ce qui va donc profiter à toute la communauté, donc aux ouvriers dans leur ensemble.
- Taylor est un fervent partisan de la formation professionnelle continue. Il explique qu'il faut sans cesse éduquer l'ouvrier, qu'il doit être accompagné jusqu'à ce qu'il sache réaliser la tâche qui lui a été confiée.
Malheureusement, le livre contient d'autres éléments avec lesquels je suis moins à l'aise :
- Si l'ouvrier doit être formé, c'est le contremaitre qui décide le métier "pour lequel l'ouvrier présente les meilleures aptitudes". Il n'est absolument pas question de développement personnel !
- Taylor a une manière extrêmement brutale et méprisante de parler des ouvriers. Il décrit même le "type bœuf", un ouvrier fort et aux facultés intellectuelles limitées, à qui l'on confiera des tâches comme "manutentionner des gueuses de fonte" - tâche qui devait être assez peu exaltante;
- Il recommande même de parler sur un ton méprisant aux ouvriers, pour les forcer à réagir comme le patron le souhaite.
- Il a également une manière assez méprisante de parler des syndicalistes et du dialogue social. Son organisation scientifique est présentée comme supprimant les jours de grève. Je reste très dubitatif sur cet aspect-là.
Le plus fort - si je puis m'exprimer ainsi - est la préface écrite par Henry Le Chatelier, membre de l'Institut. Ce grand chimiste, à qui l'on doit la "Loi générale de modération", se pique ici de décrypter la science économique. Je le cite: "Cette lutte incessante du capital et du travail, arrivée aujourd'hui [on est en 1911 !] à l'état aigu, a deux origines bien distinctes : la méchanceté naturelle de l'homme qui le pousse à faire le plus de mal possible à son prochain, soit pour lui prendre son bien, soit pour le simple plaisir du mal, et plus heureusement encore, son ignorance de son véritable intérêt.". Ah! l'ouvrier bête et méchant... le joli cliché que voilà. À le lire, on sent qu'il n'avait guère d'atomes crochus avec Karl Marx.
Je le cite encore : "La diffusion générale de la croyance à l'existence de lois naturelles inévitables [il parle ici de l'économie], c'est à dire la croyance au Déterminisme, constituera un progrès énorme, même si les lois dont on admet la possibilité restaient encore toutes inconnues." En d'autres termes: "Je sais qu'il existe des lois, je ne sais pas lesquelles, mais je sais qu'elles vont justifier mes affirmations". Pour un scientifique, je le trouve bien léger...
En définitive, il s'agit là d'un ouvrage ... que l'on peut oublier!
H
mardi 11 avril 2017
Vous aussi, Madame Arthaud !
En ces temps pré-électoraux, on entend de nombreux candidats sur les ondes des radios. Ce matin, c'était le tour de Nathalie Arthaud, professeur agrégée d'économie et de gestion (si j'en crois la page Wikipedia qui lui est consacrée).
Elle a dit tout le mal qu'elle pensait des patrons exploiteurs, et a terminé son intervention en affirmant que pour regagner en compétitivité, il suffisait que les dits patrons rognent sur leurs marges. C'est la même erreur fondamentale que celle que commettent régulièrement les économistes libéraux contre lesquels je m'emporte régulièrement. Le même syndrome du plan comptable général. Pour tous ces gens qui ne voient que par le même bout de la même lorgnette, il n'y a qu'une manière de faire de la compétitivité : en diminuant les couts.
Je reconnais qu'ils ne tapent pas dans la même ligne : les salaires et les impôts pour les uns, la rémunération des actionnaires pour l'autre. Mais jamais personne ne leur dira que les dirigeants peuvent aussi se mettre à travailler mieux ? À faire "de la qualité" ?
Vous voulez quoi ? Que je me présente ? (même pas en rêve !)
H
Elle a dit tout le mal qu'elle pensait des patrons exploiteurs, et a terminé son intervention en affirmant que pour regagner en compétitivité, il suffisait que les dits patrons rognent sur leurs marges. C'est la même erreur fondamentale que celle que commettent régulièrement les économistes libéraux contre lesquels je m'emporte régulièrement. Le même syndrome du plan comptable général. Pour tous ces gens qui ne voient que par le même bout de la même lorgnette, il n'y a qu'une manière de faire de la compétitivité : en diminuant les couts.
Je reconnais qu'ils ne tapent pas dans la même ligne : les salaires et les impôts pour les uns, la rémunération des actionnaires pour l'autre. Mais jamais personne ne leur dira que les dirigeants peuvent aussi se mettre à travailler mieux ? À faire "de la qualité" ?
Vous voulez quoi ? Que je me présente ? (même pas en rêve !)
H
dimanche 22 janvier 2017
Revoilà PIP
Le scandale des prothèses PIP, qui date de plus de 15 ans, rebondit ces jours-ci avec une décision de justice que je vais bien me garder de commenter - ce qui ne m'empêchera pas de parler de l'affaire.
Jean-Claude MAS, donc, patron de Poly-Implant Prothèse, remplissait (ou faisait remplir) les prothèses mammaires commercialisées par son entreprise par des mélanges semble-t-il fantaisiste de silicones à usages variés. L'intérêt principal étant de réaliser d'importantes économies. L'entreprise est un gros acteur du secteur (on parle du 3ème rang mondial) et exporte plus de 80% de sa production, notamment vers l'Amérique du Sud (près de 60% des volumes), l'Europe de l'Est, la Chine et les États-Unis.
Les prothèses mammaires sont des "dispositifs médicaux implantables". Les réglementations internationales sont assez claires sur le sujet : ce sont des produits qui font courir des risques importants aux citoyens. Au sein de l'Union Européenne, les dispositifs médicaux doivent être revêtus du "marquage CE". C'est la Directive 93/42/CEE qui le stipule. En fonction du classement, le fabricant doit ou non faire valider sa production par un "organisme désigné", laboratoire indépendant qui va confirmer que le produit qu'on lui a fait tester est conforme à un certain nombre de critères. Ensuite, le fabricant peut justifier de la maîtrise de son procédé pour affirmer que tous les produits qu'il fabrique sont identiques au produit ayant été testé par l'organisme notifié (et donc qu'ils sont eux aussi conformes). On parle ici d' "Assurance Qualité de la Production", ou de "Système Complet d'Assurance Qualité".
Dans les deux cas, le fabricant doit faire certifier que son système de management de la qualité est conforme aux exigences de la Norme ISO 15189 "Systèmes de management de la qualité - Exigences à des fins réglementaires". Et c'est là que j'ai des choses à dire...
L'Union Européenne a identifié que certains produits, faisant courir des risques à des citoyens, devaient être régulés. C'est une bonne approche. Mais ensuite, la surveillance est déléguée à des organismes certificateurs, structures privées et ne disposant que de très peu de moyens pour faire ce que l'on attend d'elles. Un organisme certificateur certifie la conformité du système de management à un certain nombre d'exigences normatives. L'auditeur va donc poser des questions en lien avec les exigences spécifiées dans la norme. Il n'est pas question de parler du produit.
La certification de conformité à des normes volontaires sur les systèmes de management repose sur des fondements fragiles : on fait en effet l'hypothèse de la bonne foi, de l'éthique de toutes les parties au problème. Que l'un d'entre eux veuille tricher, personne ne s'en rendra compte.
Condamner l'organisme certificateur à payer des dommages à 30 000 victimes françaises est une réponse inadaptée au problème : si les pouvoirs publics souhaitent des garanties, il faut qu'ils confient le travail d'inspection à une agence publique. En France, il s'agit de l'ANSM, qui possède des pouvoirs importants, mais pas des moyens qui lui permettraient d'accomplir sa mission. À la différence de ce qui se passe aux États-Unis, où la Food and Drugs Administration est une agence fédérale, dont les agents peuvent faire fermer un établissement sur-le-champ.
Bien sûr, cela ferait des fonctionnaires en plus...
H
Jean-Claude MAS, donc, patron de Poly-Implant Prothèse, remplissait (ou faisait remplir) les prothèses mammaires commercialisées par son entreprise par des mélanges semble-t-il fantaisiste de silicones à usages variés. L'intérêt principal étant de réaliser d'importantes économies. L'entreprise est un gros acteur du secteur (on parle du 3ème rang mondial) et exporte plus de 80% de sa production, notamment vers l'Amérique du Sud (près de 60% des volumes), l'Europe de l'Est, la Chine et les États-Unis.
Les prothèses mammaires sont des "dispositifs médicaux implantables". Les réglementations internationales sont assez claires sur le sujet : ce sont des produits qui font courir des risques importants aux citoyens. Au sein de l'Union Européenne, les dispositifs médicaux doivent être revêtus du "marquage CE". C'est la Directive 93/42/CEE qui le stipule. En fonction du classement, le fabricant doit ou non faire valider sa production par un "organisme désigné", laboratoire indépendant qui va confirmer que le produit qu'on lui a fait tester est conforme à un certain nombre de critères. Ensuite, le fabricant peut justifier de la maîtrise de son procédé pour affirmer que tous les produits qu'il fabrique sont identiques au produit ayant été testé par l'organisme notifié (et donc qu'ils sont eux aussi conformes). On parle ici d' "Assurance Qualité de la Production", ou de "Système Complet d'Assurance Qualité".
Dans les deux cas, le fabricant doit faire certifier que son système de management de la qualité est conforme aux exigences de la Norme ISO 15189 "Systèmes de management de la qualité - Exigences à des fins réglementaires". Et c'est là que j'ai des choses à dire...
L'Union Européenne a identifié que certains produits, faisant courir des risques à des citoyens, devaient être régulés. C'est une bonne approche. Mais ensuite, la surveillance est déléguée à des organismes certificateurs, structures privées et ne disposant que de très peu de moyens pour faire ce que l'on attend d'elles. Un organisme certificateur certifie la conformité du système de management à un certain nombre d'exigences normatives. L'auditeur va donc poser des questions en lien avec les exigences spécifiées dans la norme. Il n'est pas question de parler du produit.
La certification de conformité à des normes volontaires sur les systèmes de management repose sur des fondements fragiles : on fait en effet l'hypothèse de la bonne foi, de l'éthique de toutes les parties au problème. Que l'un d'entre eux veuille tricher, personne ne s'en rendra compte.
Condamner l'organisme certificateur à payer des dommages à 30 000 victimes françaises est une réponse inadaptée au problème : si les pouvoirs publics souhaitent des garanties, il faut qu'ils confient le travail d'inspection à une agence publique. En France, il s'agit de l'ANSM, qui possède des pouvoirs importants, mais pas des moyens qui lui permettraient d'accomplir sa mission. À la différence de ce qui se passe aux États-Unis, où la Food and Drugs Administration est une agence fédérale, dont les agents peuvent faire fermer un établissement sur-le-champ.
Bien sûr, cela ferait des fonctionnaires en plus...
H
mercredi 21 décembre 2016
Homéopathie
Sale coup pour les médicaments homéopathiques - au moins aux États-Unis.
Une décision de la Commission Fédérale du Commerce américaine demande que les préparations homéopathiques vendues sans ordonnance ("OTC", ou "Over the counter" en anglais) portent, sur leur emballage, les mentions suivantes:
(1) "Il n'existe pas de preuve scientifique de l'efficacité du produit", et
(2) "Les affirmations du produit ne sont basées que sur les théories de l'homéopathie datant des années 1700 qui ne sont pas acceptées par la majorité des experts médicaux modernes."
Bien sur, l'American Institute of Homeopathy n'est pas d'accord. Mais je serais surpris que cela change grand chose.
Parmi les arguments de cet institut, il y a la possibilité de mesurer le principe actif dans les produits. Voyons voir...
Lorsqu'une granule porte la mention "5 CH", cela signifie que le principe actif a été dilué 5 fois de suite au centième. On est donc au 10-milliardième. soit 0.1 ng/g Cela ne fait pas beaucoup, mais en effet, il existe des systèmes analytiques qui arrivent à un seuil de détection aussi bas. Mais quand on parle de 15 CH, on arrive à une concentration de l'ordre du milligramme dans 10 puissance 14 milliards de tonnes, ou un picogramme dans 10 puissance 8 milliards de tonnes. C'est tellement dilué que l'on en perd son latin.
En tout cas, ça en fait, des granules !
H
Une décision de la Commission Fédérale du Commerce américaine demande que les préparations homéopathiques vendues sans ordonnance ("OTC", ou "Over the counter" en anglais) portent, sur leur emballage, les mentions suivantes:
(1) "Il n'existe pas de preuve scientifique de l'efficacité du produit", et
(2) "Les affirmations du produit ne sont basées que sur les théories de l'homéopathie datant des années 1700 qui ne sont pas acceptées par la majorité des experts médicaux modernes."
Bien sur, l'American Institute of Homeopathy n'est pas d'accord. Mais je serais surpris que cela change grand chose.
Parmi les arguments de cet institut, il y a la possibilité de mesurer le principe actif dans les produits. Voyons voir...
Lorsqu'une granule porte la mention "5 CH", cela signifie que le principe actif a été dilué 5 fois de suite au centième. On est donc au 10-milliardième. soit 0.1 ng/g Cela ne fait pas beaucoup, mais en effet, il existe des systèmes analytiques qui arrivent à un seuil de détection aussi bas. Mais quand on parle de 15 CH, on arrive à une concentration de l'ordre du milligramme dans 10 puissance 14 milliards de tonnes, ou un picogramme dans 10 puissance 8 milliards de tonnes. C'est tellement dilué que l'on en perd son latin.
En tout cas, ça en fait, des granules !
H
vendredi 2 décembre 2016
Encore vous, Monsieur SEUX ?
Décidément, l'un d'entre nous n'a pas de chance. Soit c'est vous, parce que j'épingle régulièrement vos propos, soit c'est moi, parce que je suis à l'écoute de la radio sur laquelle vous distillez vos analyses à l'heure à laquelle vous le faites.
Hier 2 décembre 2016, sur France Inter, vous avez lu votre papier, dans lequel vous avez en un temps record analysé les échecs du président sortant. Vous avez notamment dit ceci : "Ils [les socialistes] n'avaient pas vu que le problème numéro un de notre économie n'était pas budgétaire mais la perte de compétitivité. Et comme François HOLLANDE a commencé par créer un choc de défiance avec les impôts, il a mis quelques mois fatals pour se pencher sur le vrai sujet : les entreprises. Le retard à l'allumage n'a jamais été rattrapé."
Je ne m'étendrai pas sur ce constat étrange, en désaccord avec ce que vous expliquez à longueur de temps : vous dites en gros que le problème n'est qu'un retard à l'allumage de quelques mois - donc que la politique suivie était la bonne, et qu'il suffit de continuer à attendre un peu. Ni sur le fait que vous appelez visiblement de vos vœux l'interventionnisme de l’État - ce que vous récusez d'habitude.
Ce qui me choque, comme toujours, c'est que vous excluez de votre cadre de référence la possibilité que les leviers de compétitivité les plus importants puissent se retrouver à l'intérieur même de l'entreprise, dans des organisations à réformer. Pas en supprimant du personnel, en robotisant ou en recherchant des fournisseurs low-cost ailleurs qu'en France; non en arrêtant de gaspiller des ressources précieuses en décisions absurdes, en échelons hiérarchiques structurels n'apportant aucune valeur, se contentant de surveiller et de contrôler le travail d'autres surveillants et contrôleurs qui eux-même surveillent et contrôlent d'autres personnes. Ou en laissant écrire des procédures dont le seul objet est de contrôler que d'autres procédures sont bien appliquées. Vous sauriez, Monsieur SEUX, si vous aviez passé quelques temps dans les échelons subalternes d'une entreprise du secteur marchand (ou dans une structure publique, les mauvaises pratiques se retrouvent partout), que les politiques sont totalement impuissants à ouvrir les yeux des chefs d'entreprises qui pensent que les solutions à leurs problèmes passent par des interventions externes. Qui sont persuadés que les erreurs ne peuvent venir que des couches inférieures de la pyramide hiérarchique. Qui ne pensent compétitivité qu'au travers du plan comptable, lequel ne possède aucune rubrique pour les décisions absurdes, les choix stratégiques désastreux ou les gaspillages institutionnalisés.
Tant pis pour ceux qui vous écoutent !
H
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