jeudi 28 octobre 2021

Un petit mot pour annoncer la mise en ligne d'un article sur la politique qualité, sur mon site Internet

La politique qualité est une exigence des normes de manageemnt, mais son importance stratégique n'est que rarement identifiée.

vendredi 15 octobre 2021

Le laboratoire, le CAC40 et l'argent public

Eh bien dites donc !

Cela fait bientôt 2 ans que j'ai laissé ce blog en sommeil et là, coup sur coup, 2 sujets m'interpellent.

Ce matin, en route vers le site de production d'un client, j'écoute France Inter. Et l'indispensable (*) Dominique SEUX vient vanter les mérites du laboratoire Eurofins, qui vient de faire son entrée au CAC40. "En 1987, ils étaient 3 et aujourd'hui, ils sont plus de 50 000 dans le monde". Et c'est vrai. Ce laboratoire est une vraie réussite, sa croissance est impressionnante.

En 1987, j'étais client (l'entreprise dans laquelle je travaillais était cliente) du tout récent laboratoire Eurofins. Les analyses qu'ils étaient les seuls à réaliser coutaient les yeux de la tête (1 échantillon analysé représentait plus de 50% de notre budget d'analyses extérieures) et donnaient des informations impossibles à obtenir d'une autre manière. Grâce à la détermination du rapport 13C / 12C de l'éthanol obtenu par fermentation de sucres, Eurofins était capable de dire si le sucre en question provenait de raisin, d'orange, de betterave ou de canne à sucre. Indispensable pour déceler les adultérations.

Eh bien, Monsieur SEUX, vous ne le savez peut-être pas, mais à l'origine de cette magnifique réussite, il y a de l'argent public. Du talent, bien entendu, mais surtout de l'argent public. Monsieur MARTIN, le fondateur d'Eurofins était un chercheur, au CNRS, si je me souviens bien. À l'époque, les services de la répression des fraudes - donc le ministère des finances - était à la recherche d'une méthode pour prouver les fraudes en chaptalisation (l'ajout de sucre à des moûts de raisin peu mûrs, ou additionnés d'eau) des vins. cette pratique est interdite pour l'immense majorité des vins, très encadrée pour les autres. Les fraudes ont donc lancé un concours, avec un prix. C'est le Dr (ou le Professeur ?) MARTIN qui a été lauréat. Il a quitté son poste de chercheur dans le public, et a créé un laboratoire. Qui a bien grandi depuis.

Ainsi, l'argent public, lorsqu'il est bien utilisé, peut faire les délices des économistes libéraux...

À ceci près que le siège du laboratoire n'est pas en France. Pour des questions fiscales, si j'en crois Monsieur SEUX. Il semble donc que Monsieur MARTIN ne soit pas reconnaissant.

(*) indispensable ... pour que je me remette à écrire !

mercredi 13 octobre 2021

France 2030

12 octobre 2021, le Président de la République présente son plan de relance "France 2030". 30 milliards d'euros - ce qui représente le PIB de Barhein ou de la Lettonie, ou 90% du PIB de la Tunisie ou encore 95% de celui du Cameroun - du "gros argent".

On y trouve de multiples objectifs :
  • l'avion bas carbone,
  • les mini réacteurs nucléaires (comment gérer la sûreté de "mini" réacteurs ? Comme celle des réacteurs traditionnels. Les coûts de sûreté rapportés au kWh produit vont exploser...),
  • l'exploration du fond des mers (ça me rappelle la course aux nodules polymétalliques des années ... 1970, il n'y a que 50 ans),
  • etc.

Mais comme toujours - ou comme jamais : rien sur la qualité. Alors que plusieurs études (NIST, années 90 ou en Chine, dans les années 2010) ont apporté la preuve qu'un euro (ou un dollar) investi dans un programme d'amélioration de la qualité rapportait plus de 200 dollars à l'économie du pays ayant investi.

Un retour sur investissement de 20 700 %. Un "pay-back" qui se compte en dizaine d'heures ! Comment se fait-il qu'aucun de nos politiques ne se saisissent de cette opportunité ? Même si nous sommes très mauvais, et que nous n'atteignons pas le ratio de 200 pour 1. Imaginons que nous soyons 20 fois moins bons. C'est tout de même du 1000 %.

Nous parlons ici de "vraie" qualité, c'est à dire de qualité du management, pas des contrôles en bout de ligne ou de l'application à marche forcée d'outils du Lean qui ne délivreront, parce qu'ils sont utilisés sans que la philosophie sous-jacente ne soit comprise, qu'une infime fraction de ce qui état attendu.

En résumé, Monsieur le Président : encore raté !

samedi 11 janvier 2020

2020 : les économistes n'apprennent pas vite...

Bonjour à tous, et bonne année 2020 !

J'ai un peu mis ce blog de côté en 2019, mais je vais essayer de m'y remettre. Et on va commencer par un billet sur l'excellente émission de France Inter, "On n'arrête pas l'éco", qui a été diffusée ce samedi matin. Comme souvent, on y a entendu Emmanuel LECHYPRE, éditorialiste à BFM Business, y dire qu'il ne fallait à aucun prix augmenter les salaires, parce que cela nuirait à la compétitivité des entreprises françaises.

Il n'a rien dit sur le fait que des entreprises du CAC 40 empruntaient de l'argent pour distribuer des dividendes à leurs actionnaires. C'est à dire que ces entreprises distribuent aux actionnaires de l'argent qu'elles n'ont pas gagné. Et c'est l'activité de l'année suivante qui devra rembourser cet emprunt, puis générer assez de profit pour distribuer de nouveaux dividendes. Cela, semble-t-il ne nuit pas à la compétitivité. Drôle demanière de voir les choses, si je peux donner mon avis.

Ce qui me fait réagir, c'est cette vision accrochée aux modes de pensée des néolibéraux comme la patelle est accrochée à son rocher, qui consiste à limiter la compétitivité des entreprises aux seuls salaires des employés.

Travailler intelligemment, cher Monsieur LECHYPRE, est un levier autrement plus profitable que de limiter les salaires des employés. J'explique ça dans un article de mon site internet.


Payez votre personnel le moins possible et c'est ce que vous obtiendrez d'eux. (Malcolm FORBES, 1917-1990)

H.

mardi 19 mars 2019

Santé publique

Excellente soirée Thema sur Arte ce soir. Le sujet est l'antibiorésistance. On y montre les enjeux pour la santé publique, le cynisme des industriels (mais quand on sait que les agriculteurs américains achètent pour 13 milliards de dollars d'antibiotiques, dont une immense majorité sont utilisés comme accélérateurs de croissance, pas comme médicaments, on se doute des raisons sous-jacentes...)

On y voit aussi que la solution passe par la recherche publique. Il faut donc accepter de payer des impôts - il en va de la survie de l'espèce Homo sapiens.

H

mardi 26 février 2019

Revoilà l'audit...

Le ministère de l'intérieur se préoccupe de la bonne santé des entreprises françaises - ce qui est une excellente chose.

Ainsi, la DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure, le contre-espionnage) possède une cellule chargée de la sécurité économique. La livraison de février de leur Flash Intelligence économique attire l'attention des chefs d'entreprise sur les risques engendrés par le fait de sous-traiter tout ou partie de ses missions à des consultants. Ils désignent plus particulièrement les chefs de projet, en poste pendant des mois ou des années chez le même client.

Et ils proposent des moyens de maîtrise du risque, parmi lesquels :
  • introduire une charte éthique dans le contrat
  • demander régulièrement les preuves de la conformité du prestataire au contrat en ce qui concerne la protection des données de la société hébergeante

Si j'ai des doutes quant à l'efficacité du premier moyen, je m'interroge sur la manière dont on va pouvoir obtenir des preuves pour le second. Une exigence se doit d'être auditable, n'est-ce pas? Alors : "prouvez-moi que vous ne m'avez rien volé..."

Voilà qui promet d'être amusant.

H

jeudi 21 février 2019

W. Edwards DEMING et Laurent WAUQIUEZ sont dans un bateau...

La Région Auvergne-Rhône-Alpes serait, selon son président, "la mieux gérée de France". Pour preuve, les 300 millions d'euros de crédits de fonctionnement qui n'ont pas été dépensés depuis la création de cette nouvelle entité, en 2017. 300 millions d'euros, c'est une sacré somme. On devrait pouvoir s'en réjouir.

Oui, si les missions restent assurées. Et c'est là que le bât blesse. Le budget de fonctionnement est un terme vague que l'on a tendance à traduire comme étant les dépenses sur les salaires, l'éclairage, les frais de restauration, l'entretien des locaux... C'est vrai, il y a tout ça. Mais la comptabilité publique fait entrer les dépenses liées à la formation professionnelle dans le budget de fonctionnement. La moitié des 300 millions d'euros économisés l'ont été sur les dépenses en formation professionnelle continue, y compris celles liées aux formations des demandeurs d'emploi. Or il semble que l'inadéquation entre les compétences des chômeurs et les postes à pourvoir soit un frein réel au retour à l'emploi.

Les économies sont donc réalisées au détriment d'une mission d'intérêt public. Entre 2017 et 2018, le nombre d'entrées en formation en région AURA a diminué de 56%, et même de 64% pour les publics les plus en difficultés. C'est une rupture brutale par rapport à ce qui se passait sur le territoire depuis de nombreuses années.

Les conséquences sont triples :
  • les comptes de la Région se portent mieux
  • les publics en difficultés sont toujours en difficultés
  • les centres de formation ayant une trésorerie insuffisante vont disparaître (voir par exemple le cas du CNAM de Saint-Etienne)

Le dernier point est un vrai souci : si on attend que les structures à même d'assurer les formations disparaissent, sur qui pourra-t-on s'appuyer le jour où la politique changera ? Sur quel fournisseur s'appuyer quand on a laissé mourir le dernier ?

Edwards DEMING citait comme maladie mortelle pour les entreprises, la focalisation sur les profits à court terme. Il semble que ce soit valable aussi pour les collectivités.

Edwards DEMING citait aussi les 14 points essentiels pour le succès des entreprises. Parmi ceux-ci, on trouve :
  • gardez le cap
  • formez en permanence
  • instituez un programme de développement personnel

Il semble qu'une collectivité puisse aller à l'encontre de la performance de ses administrés. C'est navrant.

La question n'est pas de savoir si les formations étaient inadaptées, de mauvaise qualité ou trop couteuses : les remplacer par de meilleures formations aurait été un acte de saine gestion. Le problème ici est que les formations sont supprimées.

La question est : quel sera le cout à moyen terme de ces économies à court terme ?

Comme souvent, on ne le mesurera pas...

H