Bonjour à tous, et bonne année 2020 !
J'ai un peu mis ce blog de côté en 2019, mais je vais essayer de m'y remettre. Et on va commencer par un billet sur l'excellente émission de France Inter, "On n'arrête pas l'éco", qui a été diffusée ce samedi matin. Comme souvent, on y a entendu Emmanuel LECHYPRE, éditorialiste à BFM Business, y dire qu'il ne fallait à aucun prix augmenter les salaires, parce que cela nuirait à la compétitivité des entreprises françaises.
Il n'a rien dit sur le fait que des entreprises du CAC 40 empruntaient de l'argent pour distribuer des dividendes à leurs actionnaires. C'est à dire que ces entreprises distribuent aux actionnaires de l'argent qu'elles n'ont pas gagné. Et c'est l'activité de l'année suivante qui devra rembourser cet emprunt, puis générer assez de profit pour distribuer de nouveaux dividendes. Cela, semble-t-il ne nuit pas à la compétitivité. Drôle demanière de voir les choses, si je peux donner mon avis.
Ce qui me fait réagir, c'est cette vision accrochée aux modes de pensée des néolibéraux comme la patelle est accrochée à son rocher, qui consiste à limiter la compétitivité des entreprises aux seuls salaires des employés.
Travailler intelligemment, cher Monsieur LECHYPRE, est un levier autrement plus profitable que de limiter les salaires des employés. J'explique ça dans un article de mon site internet.
Payez votre personnel le moins possible et c'est ce que vous obtiendrez d'eux. (Malcolm FORBES, 1917-1990)
H.
Affichage des articles dont le libellé est compétitivité. Afficher tous les articles
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samedi 11 janvier 2020
lundi 29 octobre 2018
La symphonie de l'EFQM
Pour les anglophones (mais on comprend le message même si on ne comprend pas les paroles), une intéressante présentation de ce que fait l'EFQM, la Fondation Européenne pour le Management de la Qualité. C'est à base d'orchestre, de chef d'orchestre, de compétences et d'unisson. Regardez ça en cliquant sur ce lien.
Dans mon livre "La Qualité du Management", je reprends aussi l'image de l'apprentissage de la musique.
Amusant...
H
Dans mon livre "La Qualité du Management", je reprends aussi l'image de l'apprentissage de la musique.
Amusant...
H
mercredi 5 septembre 2018
Mon livre est disponible !
Samedi dernier, l'émission de France Inter "La librairie francophone" invitait Daniel Picouly. À un moment, celui-ci a déclaré que, pour juger d'un livre, il lisait la page 19. Cela lui donnait un bon aperçu du contenu de l'ouvrage. Je suis donc allé regarder "ma" page 19. Et il a raison, M'sieu Picouly. La page 19 de mon livre, c'est ça :

Le management des entreprises (ici un laboratoire de biologie) n'a pas compris ce qu'était la fonction "qualité". Et c'est l'essence même du problème. Et c'est ce que je tente de clarifier, en 250 pages.
Il faut toujours soigner sa page 19...
H

Le management des entreprises (ici un laboratoire de biologie) n'a pas compris ce qu'était la fonction "qualité". Et c'est l'essence même du problème. Et c'est ce que je tente de clarifier, en 250 pages.
Il faut toujours soigner sa page 19...
H
lundi 25 juin 2018
La gestion des déchets
Un court reportage sur France Inter ce matin, dans lequel on entend une infirmière de bloc opératoire expliquant, que pour acheter des doudous à distribuer à des enfants devant être opérés, elle récupérait, avec ses collègues, des pièces en cuivre et en inox qui auraient normalement été jetées, pour les valoriser.
C'est une excellente démarche.
Question : pourquoi cette valorisation des déchets n'est-elle pas organisée, dans tous les établissements de santé français, depuis des années ?
H
C'est une excellente démarche.
Question : pourquoi cette valorisation des déchets n'est-elle pas organisée, dans tous les établissements de santé français, depuis des années ?
H
jeudi 14 juin 2018
La qualité du management (suite)
Et 2 nouveaux sites, pour la précommande du livre dont je vous parlais hier : Amazon, et chez système U
Un peu d'autopromotion ne peut pas nuire !
H
Un peu d'autopromotion ne peut pas nuire !
H
jeudi 28 décembre 2017
Le bonheur au travail
Dans l'introduction de l'excellent reportage passé sur Arte en février 2015 et intitulé "Le bonheur au travail", Isaac Getz expliquait qu'en France et en Allemagne, seuls 10 % environ des salariés étaient engagés au travail, 60 % étaient désengagés et 30 % activement désengagés. C'est ce qui ressortait d'une étude menée par Gallup en Europe et en 2014.
La même étude, sur l'engagement des travailleurs, mais aux États-Unis cette fois, donne pour 2017 des chiffres nettement différents : 33 % d'engagés, 51 % de désengagés et 16 % seulement d'activement désengagés.
Amis dirigeants : lisez cette étude, et inspirez-vous des principes de management que l'on trouve, par exemple dans le modèle du Malcolm Baldrige National Quality Award. Il en va de la compétitivité de vos (de nos) entreprises.
H
La même étude, sur l'engagement des travailleurs, mais aux États-Unis cette fois, donne pour 2017 des chiffres nettement différents : 33 % d'engagés, 51 % de désengagés et 16 % seulement d'activement désengagés.
Amis dirigeants : lisez cette étude, et inspirez-vous des principes de management que l'on trouve, par exemple dans le modèle du Malcolm Baldrige National Quality Award. Il en va de la compétitivité de vos (de nos) entreprises.
H
mardi 17 octobre 2017
Heureux comme un pharmacien en France ...
Mon dentiste m'a donné une ordonnance pour prendre des antibiotiques :
La posologie est de 2 sachets par jour pendant 8 jours, soit 16 sachets. Une boîte contient 12 sachets. Il faut donc en acheter 2, soit 24 sachets. Une fois le traitement fini, il restera 8 sachets, à rapporter à la pharmacie.
La sécurité sociale va donc rembourser 24 unités, dont 8, le tiers, sera détruit. Le tiers qui part à la poubelle. 33,3% de gaspillage. Enfin, pas gaspillage pour tout le monde. Visiblement, les industriels doivent s'y retrouver.
Et dire que l'on trouve des personnes pour considérer que le lean management ne peut pas s'appliquer au monde de la santé !
H
La posologie est de 2 sachets par jour pendant 8 jours, soit 16 sachets. Une boîte contient 12 sachets. Il faut donc en acheter 2, soit 24 sachets. Une fois le traitement fini, il restera 8 sachets, à rapporter à la pharmacie.
La sécurité sociale va donc rembourser 24 unités, dont 8, le tiers, sera détruit. Le tiers qui part à la poubelle. 33,3% de gaspillage. Enfin, pas gaspillage pour tout le monde. Visiblement, les industriels doivent s'y retrouver.
Et dire que l'on trouve des personnes pour considérer que le lean management ne peut pas s'appliquer au monde de la santé !
H
lundi 9 octobre 2017
"C'est une ânerie" (le Ministre)
Ce matin, alors que j'arrive chez un client, j'écoute France Inter, qui a un invité de marque : Bruno Le Maire, ministre de l'économie. Il est interrogé sur la politique fiscale française, et déclare "Je ne crois pas un instant à la théorie du ruissellement de l'argent, du ruissellement de la fortune, du ruissellement des riches. C'est une ânerie." Cette affirmation me fait plaisir, car de mon côté, je n'y crois pas non plus. Les très très riches vont faire ruisseler leur argent dans des paradis fiscaux, ou vont s'entre-échanger leurs jets privés, leurs appartements ou leurs hôtels, leurs œuvres d'art et leurs montres extravagantes. L'ouvrier local ne verra jamais la couleur de quoi que ce soit. L'état, un peu, puisque les voitures de grosse cylindrée vont consommer du carburant et générer de la TIPP, et les producteurs de champagne aussi.
Mais plus tard, ça se gâte. Je vous recommande d'écouter le replay, entre 03:06 et 03:37. Vous y entendrez ceci : "Le choix que nous faisons, c'est de réinjecter plus de capital dans l'économie française qui a besoin de mieux se financer. Quand vous regardez la situation économique française, c'est très simple : nous avons des entreprises qui ont du mal à se financer. Qui ne sont pas assez profitables. Et comme elles ne sont pas assez profitables, au lieu d'investir, d'innover, elles ne peuvent pas. Elles n'ont pas l'argent pour acheter un robot, pour se digitaliser, pour se moderniser, pour améliorer la qualité de leurs produits. On le sait tous, que nous avons un problème d'offre, que nos produits ne sont pas forcément aux meilleurs standards, et ne tiennent pas compte suffisamment des exigences de compétitivité."
Et bien, Monsieur le Ministre, et avec tout le respect que je vous dois, vous venez de proférer une autre ânerie (voire deux, puisque je ne vois pas le rapport entre ne pas pouvoir se financer et ne pas être profitable : les deux choses me semblent indépendantes, mais bon, je vous fais confiance)
Que certaines entreprises n'aient pas assez de réserves pour investir dans un nouvel outil de production qui leur permettrait une diversification, pour changer de technologie ou pour augmenter considérablement leurs capacités de production, je l'admets volontiers. Que la réponse à ce problème soit une plus grande disponibilité de capitaux que des propriétaires pourraient investir, je veux bien le croire aussi.
Mais lier les problèmes qualité des entreprises au manque de capitaux, ou à une taxation trop importante des revenus du capital, c'est n'importe quoi. Vraiment. La qualité des produits n'est que rarement liée à l'investissement. Le plus souvent, elle est due à de mauvaises décisions. À l'emploi de personnes non formées. À la recherche du profit à court terme. À un management par objectifs qui oublie la cohérence du système pour insister sur de optimums locaux (l'acheteur par exemple va diminuer son budget achats et sera récompensé pour cela, quelles que puissent être les conséquences sur ses collègues de production).
Le problème de l'économie française, Monsieur le Ministre, c'est que tous les décideurs - dont vous faites partie depuis de nombreuses années - parlent de qualité sans avoir la moindre idée de ce que ce concept recouvre.
Et plus ça va, moins ça me fait rire.
H
Mais plus tard, ça se gâte. Je vous recommande d'écouter le replay, entre 03:06 et 03:37. Vous y entendrez ceci : "Le choix que nous faisons, c'est de réinjecter plus de capital dans l'économie française qui a besoin de mieux se financer. Quand vous regardez la situation économique française, c'est très simple : nous avons des entreprises qui ont du mal à se financer. Qui ne sont pas assez profitables. Et comme elles ne sont pas assez profitables, au lieu d'investir, d'innover, elles ne peuvent pas. Elles n'ont pas l'argent pour acheter un robot, pour se digitaliser, pour se moderniser, pour améliorer la qualité de leurs produits. On le sait tous, que nous avons un problème d'offre, que nos produits ne sont pas forcément aux meilleurs standards, et ne tiennent pas compte suffisamment des exigences de compétitivité."
Et bien, Monsieur le Ministre, et avec tout le respect que je vous dois, vous venez de proférer une autre ânerie (voire deux, puisque je ne vois pas le rapport entre ne pas pouvoir se financer et ne pas être profitable : les deux choses me semblent indépendantes, mais bon, je vous fais confiance)
Que certaines entreprises n'aient pas assez de réserves pour investir dans un nouvel outil de production qui leur permettrait une diversification, pour changer de technologie ou pour augmenter considérablement leurs capacités de production, je l'admets volontiers. Que la réponse à ce problème soit une plus grande disponibilité de capitaux que des propriétaires pourraient investir, je veux bien le croire aussi.
Mais lier les problèmes qualité des entreprises au manque de capitaux, ou à une taxation trop importante des revenus du capital, c'est n'importe quoi. Vraiment. La qualité des produits n'est que rarement liée à l'investissement. Le plus souvent, elle est due à de mauvaises décisions. À l'emploi de personnes non formées. À la recherche du profit à court terme. À un management par objectifs qui oublie la cohérence du système pour insister sur de optimums locaux (l'acheteur par exemple va diminuer son budget achats et sera récompensé pour cela, quelles que puissent être les conséquences sur ses collègues de production).
Le problème de l'économie française, Monsieur le Ministre, c'est que tous les décideurs - dont vous faites partie depuis de nombreuses années - parlent de qualité sans avoir la moindre idée de ce que ce concept recouvre.
Et plus ça va, moins ça me fait rire.
H
jeudi 28 septembre 2017
Frederick Winslow Taylor
Je me suis offert récemment un livre ancien, c'est Principes d'Organisation Scientifique des Usines, traduction française du livre de Taylor. Il faut dire que je parlais de l'OST (l'Organisation Scientifique du Travail) et du Taylorisme "comme tout le monde", et comme tout le monde (ou presque) je n'en avais rien lu. J'ai donc décidé de changer ça. J'ai trouvé un exemplaire de l'édition de 1911 chez un bouquiniste madrilène, et je l'ai reçu quelques jours plus tard.
Je dois avouer que la lecture de cet opuscule m'a beaucoup surpris. Et surpris à plusieurs niveaux:
Malheureusement, le livre contient d'autres éléments avec lesquels je suis moins à l'aise :
Le plus fort - si je puis m'exprimer ainsi - est la préface écrite par Henry Le Chatelier, membre de l'Institut. Ce grand chimiste, à qui l'on doit la "Loi générale de modération", se pique ici de décrypter la science économique. Je le cite: "Cette lutte incessante du capital et du travail, arrivée aujourd'hui [on est en 1911 !] à l'état aigu, a deux origines bien distinctes : la méchanceté naturelle de l'homme qui le pousse à faire le plus de mal possible à son prochain, soit pour lui prendre son bien, soit pour le simple plaisir du mal, et plus heureusement encore, son ignorance de son véritable intérêt.". Ah! l'ouvrier bête et méchant... le joli cliché que voilà. À le lire, on sent qu'il n'avait guère d'atomes crochus avec Karl Marx.
Je le cite encore : "La diffusion générale de la croyance à l'existence de lois naturelles inévitables [il parle ici de l'économie], c'est à dire la croyance au Déterminisme, constituera un progrès énorme, même si les lois dont on admet la possibilité restaient encore toutes inconnues." En d'autres termes: "Je sais qu'il existe des lois, je ne sais pas lesquelles, mais je sais qu'elles vont justifier mes affirmations". Pour un scientifique, je le trouve bien léger...
En définitive, il s'agit là d'un ouvrage ... que l'on peut oublier!
H
Je dois avouer que la lecture de cet opuscule m'a beaucoup surpris. Et surpris à plusieurs niveaux:
- D'abord, la méthode "scientifique" n'est pas réellement décrite. On parle de la mesure des temps, mais sans aucun détail. Ce qui est certain, c'est que de nombreux outils, en particulier statistiques, sont mobilisables dans le cadre de l'OST. Taylor décrit notamment des études conduites sur un tour destiné à usiner de l'acier, pour lequel il a fallu pas moins de 26 années pour conduire les essais ! Le plus difficile, explique-t-il, a été d'arriver à maintenir constant tous les paramètres étudiés quand on en faisait varier qu'un seul. Si seulement il avait connu Genichi Taguchi (qui ne naîtra qu'en 1928) et ses plans d'expérience en blocs incomplets, il aurait pu réaliser le même travail en quelques semaines seulement...
- L'OST n'est donc pas seulement le découpage du travail en tâches élémentaires, c'est aussi l'adoption de méthodes de travail standardisées : si l'on veut usiner les pièces plus rapidement, il faut appliquer telle pression sur l'outil de découpe, et celui-ci doit présenter tel profil si la pièce à usiner est réalisée dans telle nuance d'acier. L'OST c'est aussi des règles à calcul, des abaques, des outils d'aide au réglage.
- Taylor explique aussi que l'ouvirer qui travaille plus doit être rémunéré pour cela. Les augmentations de salaire recommandées sont de l'ordre de + 60 à + 100%. Le partage des profits est donc explicitement prévu. Bien sur, l'entrepreneur doit en conserver la plus grande part (l'augmentation de salaire de + 100% est réservée aux ouvriers ayant triplé leur production...), mais c'est pour diminuer le prix de vente, ce qui va donc profiter à toute la communauté, donc aux ouvriers dans leur ensemble.
- Taylor est un fervent partisan de la formation professionnelle continue. Il explique qu'il faut sans cesse éduquer l'ouvrier, qu'il doit être accompagné jusqu'à ce qu'il sache réaliser la tâche qui lui a été confiée.
Malheureusement, le livre contient d'autres éléments avec lesquels je suis moins à l'aise :
- Si l'ouvrier doit être formé, c'est le contremaitre qui décide le métier "pour lequel l'ouvrier présente les meilleures aptitudes". Il n'est absolument pas question de développement personnel !
- Taylor a une manière extrêmement brutale et méprisante de parler des ouvriers. Il décrit même le "type bœuf", un ouvrier fort et aux facultés intellectuelles limitées, à qui l'on confiera des tâches comme "manutentionner des gueuses de fonte" - tâche qui devait être assez peu exaltante;
- Il recommande même de parler sur un ton méprisant aux ouvriers, pour les forcer à réagir comme le patron le souhaite.
- Il a également une manière assez méprisante de parler des syndicalistes et du dialogue social. Son organisation scientifique est présentée comme supprimant les jours de grève. Je reste très dubitatif sur cet aspect-là.
Le plus fort - si je puis m'exprimer ainsi - est la préface écrite par Henry Le Chatelier, membre de l'Institut. Ce grand chimiste, à qui l'on doit la "Loi générale de modération", se pique ici de décrypter la science économique. Je le cite: "Cette lutte incessante du capital et du travail, arrivée aujourd'hui [on est en 1911 !] à l'état aigu, a deux origines bien distinctes : la méchanceté naturelle de l'homme qui le pousse à faire le plus de mal possible à son prochain, soit pour lui prendre son bien, soit pour le simple plaisir du mal, et plus heureusement encore, son ignorance de son véritable intérêt.". Ah! l'ouvrier bête et méchant... le joli cliché que voilà. À le lire, on sent qu'il n'avait guère d'atomes crochus avec Karl Marx.
Je le cite encore : "La diffusion générale de la croyance à l'existence de lois naturelles inévitables [il parle ici de l'économie], c'est à dire la croyance au Déterminisme, constituera un progrès énorme, même si les lois dont on admet la possibilité restaient encore toutes inconnues." En d'autres termes: "Je sais qu'il existe des lois, je ne sais pas lesquelles, mais je sais qu'elles vont justifier mes affirmations". Pour un scientifique, je le trouve bien léger...
En définitive, il s'agit là d'un ouvrage ... que l'on peut oublier!
H
mardi 11 avril 2017
Vous aussi, Madame Arthaud !
En ces temps pré-électoraux, on entend de nombreux candidats sur les ondes des radios. Ce matin, c'était le tour de Nathalie Arthaud, professeur agrégée d'économie et de gestion (si j'en crois la page Wikipedia qui lui est consacrée).
Elle a dit tout le mal qu'elle pensait des patrons exploiteurs, et a terminé son intervention en affirmant que pour regagner en compétitivité, il suffisait que les dits patrons rognent sur leurs marges. C'est la même erreur fondamentale que celle que commettent régulièrement les économistes libéraux contre lesquels je m'emporte régulièrement. Le même syndrome du plan comptable général. Pour tous ces gens qui ne voient que par le même bout de la même lorgnette, il n'y a qu'une manière de faire de la compétitivité : en diminuant les couts.
Je reconnais qu'ils ne tapent pas dans la même ligne : les salaires et les impôts pour les uns, la rémunération des actionnaires pour l'autre. Mais jamais personne ne leur dira que les dirigeants peuvent aussi se mettre à travailler mieux ? À faire "de la qualité" ?
Vous voulez quoi ? Que je me présente ? (même pas en rêve !)
H
Elle a dit tout le mal qu'elle pensait des patrons exploiteurs, et a terminé son intervention en affirmant que pour regagner en compétitivité, il suffisait que les dits patrons rognent sur leurs marges. C'est la même erreur fondamentale que celle que commettent régulièrement les économistes libéraux contre lesquels je m'emporte régulièrement. Le même syndrome du plan comptable général. Pour tous ces gens qui ne voient que par le même bout de la même lorgnette, il n'y a qu'une manière de faire de la compétitivité : en diminuant les couts.
Je reconnais qu'ils ne tapent pas dans la même ligne : les salaires et les impôts pour les uns, la rémunération des actionnaires pour l'autre. Mais jamais personne ne leur dira que les dirigeants peuvent aussi se mettre à travailler mieux ? À faire "de la qualité" ?
Vous voulez quoi ? Que je me présente ? (même pas en rêve !)
H
mardi 28 février 2017
Les microbes, Donald Trump et le principe de précaution,
En octobre 2016, l'OMS avait publié un aide mémoire sur le phénomène de résistance aux antibiotiques.
Hier, 27 février 2017, La même OMS publie une liste de 12 bactéries contre lesquelles il est urgent d'avoir de nouveaux antibiotiques.
Cette liste est la suivante :
Priorité 1: CRITIQUE
Acinetobacter baumannii
Pseudomonas aeruginosa
Enterobacteriaceae
Priorité 2: ÉLEVÉE
Enterococcus faecium
Staphylococcus aureus
Helicobacter pylori
Campylobacter spp.
Salmonellae
Neisseria gonorrhoeae
Priorité 3: MOYENNE
Streptococcus pneumoniae
Shigella spp.
La classe "enterobacteriaceae" représente les entérobactéries, celles qui constituent le contenu de nos intestins. Le communiqué précise "dont Klebsiella, E. coli, Serratia, et Proteus".
Ces bactéries causent des maladies, avec un taux de mortalité non nul. On s'achemine vers un jour où les médecins ne disposeront plus d'option thérapeutique, puisque l'usage répété des antibiotiques à contribué à sélectionner des variants résistants à tout les antibiotiques connus.
dans le communiqué, on peut lire : «Cette liste est un nouvel outil pour veiller à ce que la recherche-développement réponde aux besoins urgents de la santé publique», indique le Dr Marie-Paule Kieny, Sous-Directeur général à l’OMS pour le Groupe Systèmes de santé et innovation. «La résistance aux antibiotiques augmente et nous épuisons rapidement nos options thérapeutiques. Si on laisse faire le marché, les nouveaux antibiotiques dont nous avons le besoin le plus urgent ne seront pas mis au point à temps.»
L'OMS tire donc une sonnette d'alarme, essayant de pousser les gouvernements à mettre en place des politiques incitant les agences financées par le public comme le secteur privé à investir dans la recherche fondamentale et la recherche développement avancée pour découvrir de nouveaux antibiotiques."
Le problème du marché, c'est qu'il vise les traitements contre des maladies "de riches", comme le diabète ou les neuroleptiques. Les antibiotiques ne rapportent pas assez d'argent...
Le même jour, nous apprenons que Donald Trump annonce qu'il va augmenter le budget de la défense US de 54 milliards de dollars (à titre de comparaison, c'est plus que le budget de la défense en France). Cette somme considérable est paraît-il investie (ou dépensée) pour protéger les États-Unis. Peut-être, mais de quel ennemi ? Qui est en guerre contre les USA ? Quelle menace vaut-elle le coup de faire passer le budget de la défense de 596 (en 2016) à 650 milliards de dollars ? Les USA représentent déjà 36% des dépenses militaires mondiales ! Loin devant tous leurs ennemis potentiels !
Si M. le Président Trump se donnait la peine de consulter le Bad Bug Book, ou "Livre des Méchantes Bébêtes", publié par l'Administration de son propre pays, il y lirait que les seuls E. coli enterohémorragiques infectent 63 000 personnes par an, avec un taux de mortalité variant entre 3 et 5% Même à 3%, cela fait pas loin de 2000 morts par an. Pour Salmonella, on a 1 027 000 cas par an, avec moins de 1% de mortalité. Même à 0.5% de mortalité, on dépasse les 5000 morts par an.
Le véritable ennemi des USA (et de l'humanité entière), ce sont les bactéries. Elles font bien plus de morts chaque année que les militaires ennemis. Si demain on ne peut plus soigner les patients, les chiffres de la mortalité vont exploser. Si M. le président appliquait le principe de précaution, ou la simple analyse de risques, il devrait mettre les moyens dans la recherche pharmaceutique...
En plus, cela ferait du bien à son économie...
H
jeudi 16 février 2017
Nom : Xylella, prénom fastidiosa.
Xylella fastidiosa est une bactérie difficile à cultiver en laboratoire (d'où son petit nom de "fastidieuse") mais qui se développe bien dans le milieu naturel. C'est un nommé Pierce qui l'a décrite pour la première fois en 1887 : c'était l'agent pathogène d'une maladie de la vigne observée en Californie - que l'on appelle depuis "Maladie de Pierce".
Depuis cette époque, on a pu se rendre compte que la bactérie en question est "polyphage", c'est à dire qu'elle se nourrit de nombreux végétaux. Elle infecte ainsi, outre la vigne : le pêcher, le prunier, le cerisier, l'amandier, le laurier, l'olivier, l'oranger, l'orme, le chêne, l'avocatier, le mûrier... Son vecteur de dissémination est en particulier la cicadelle, une famille d'insectes suceurs qui se nourrissent de la sève des plantes et qui, à cette occasion, transportent la bactérie. Notons au passage que les cicadelles peuvent transporter d'autres agents pathogènes...
On ne sait pas traiter les infections bactériennes des végétaux. L'utilisation des antibiotiques est (heureusement) interdite dans ce cas-là. Le seul traitement possible est l'arrachage et l'incinération des plants contaminés. On arrive ainsi à contenir la dissémination du "feu bactérien" du pommier ou du poirier (causé par Erwina amylovora). Une alternative prophylactique est de n'utiliser que des porte-greffes résistants.
En 2013, on a découvert des oliviers contaminés dans les Pouilles, cette province italienne qui forme le talon de la botte. Les scientifiques ont aussitôt organisé la riposte : on arrache, on brûle! Mais les agriculteurs (et une bonne partie de la population) ont vu les choses autrement. "Ces scientifiques sont les agents des multinationales de l'agrochimie. Ce sont eux qui ont disséminé la bactérie!" Et un juge a mis les scientifiques en examen. Les arrachages ont cessé.
En 2016 on isolait la bactérie sur des oliviers en Corse. Aujourd'hui, elle est aux Baléares. Et on se prend à imaginer le pire. L'Espagne, premier producteur mondial d'huile d'olive, pourrait se retrouver ruinée.
On a raison d'imaginer le pire. La cicadelle et la bactérie sont bien plus efficaces que nous. Et les plantations d'olivier vont disparaître, dans les années qui viennent, d'autant plus vite que les plantations sont étendues. D'ailleurs, nous avons tous déjà constaté l'augmentation du prix de l'huile d'olive, dans nos supermarchés. Malheureusement, l'huile vieillit assez mal, et il n'est pas possible d'en stocker pour des durées longues.
J'ai vu disparaître les ormes, dans les années 1980. Et un jour viendra où les plantations de palmiers à huile indonésiennes disparaîtront aussi, dès qu'un pathogène se sera installé.
Quel dommage que l'intérêt local, immédiat, passe toujours avant l'optimum global, sur le long terme...
H
Depuis cette époque, on a pu se rendre compte que la bactérie en question est "polyphage", c'est à dire qu'elle se nourrit de nombreux végétaux. Elle infecte ainsi, outre la vigne : le pêcher, le prunier, le cerisier, l'amandier, le laurier, l'olivier, l'oranger, l'orme, le chêne, l'avocatier, le mûrier... Son vecteur de dissémination est en particulier la cicadelle, une famille d'insectes suceurs qui se nourrissent de la sève des plantes et qui, à cette occasion, transportent la bactérie. Notons au passage que les cicadelles peuvent transporter d'autres agents pathogènes...
On ne sait pas traiter les infections bactériennes des végétaux. L'utilisation des antibiotiques est (heureusement) interdite dans ce cas-là. Le seul traitement possible est l'arrachage et l'incinération des plants contaminés. On arrive ainsi à contenir la dissémination du "feu bactérien" du pommier ou du poirier (causé par Erwina amylovora). Une alternative prophylactique est de n'utiliser que des porte-greffes résistants.
En 2013, on a découvert des oliviers contaminés dans les Pouilles, cette province italienne qui forme le talon de la botte. Les scientifiques ont aussitôt organisé la riposte : on arrache, on brûle! Mais les agriculteurs (et une bonne partie de la population) ont vu les choses autrement. "Ces scientifiques sont les agents des multinationales de l'agrochimie. Ce sont eux qui ont disséminé la bactérie!" Et un juge a mis les scientifiques en examen. Les arrachages ont cessé.
En 2016 on isolait la bactérie sur des oliviers en Corse. Aujourd'hui, elle est aux Baléares. Et on se prend à imaginer le pire. L'Espagne, premier producteur mondial d'huile d'olive, pourrait se retrouver ruinée.
On a raison d'imaginer le pire. La cicadelle et la bactérie sont bien plus efficaces que nous. Et les plantations d'olivier vont disparaître, dans les années qui viennent, d'autant plus vite que les plantations sont étendues. D'ailleurs, nous avons tous déjà constaté l'augmentation du prix de l'huile d'olive, dans nos supermarchés. Malheureusement, l'huile vieillit assez mal, et il n'est pas possible d'en stocker pour des durées longues.
J'ai vu disparaître les ormes, dans les années 1980. Et un jour viendra où les plantations de palmiers à huile indonésiennes disparaîtront aussi, dès qu'un pathogène se sera installé.
Quel dommage que l'intérêt local, immédiat, passe toujours avant l'optimum global, sur le long terme...
H
vendredi 2 décembre 2016
Encore vous, Monsieur SEUX ?
Décidément, l'un d'entre nous n'a pas de chance. Soit c'est vous, parce que j'épingle régulièrement vos propos, soit c'est moi, parce que je suis à l'écoute de la radio sur laquelle vous distillez vos analyses à l'heure à laquelle vous le faites.
Hier 2 décembre 2016, sur France Inter, vous avez lu votre papier, dans lequel vous avez en un temps record analysé les échecs du président sortant. Vous avez notamment dit ceci : "Ils [les socialistes] n'avaient pas vu que le problème numéro un de notre économie n'était pas budgétaire mais la perte de compétitivité. Et comme François HOLLANDE a commencé par créer un choc de défiance avec les impôts, il a mis quelques mois fatals pour se pencher sur le vrai sujet : les entreprises. Le retard à l'allumage n'a jamais été rattrapé."
Je ne m'étendrai pas sur ce constat étrange, en désaccord avec ce que vous expliquez à longueur de temps : vous dites en gros que le problème n'est qu'un retard à l'allumage de quelques mois - donc que la politique suivie était la bonne, et qu'il suffit de continuer à attendre un peu. Ni sur le fait que vous appelez visiblement de vos vœux l'interventionnisme de l’État - ce que vous récusez d'habitude.
Ce qui me choque, comme toujours, c'est que vous excluez de votre cadre de référence la possibilité que les leviers de compétitivité les plus importants puissent se retrouver à l'intérieur même de l'entreprise, dans des organisations à réformer. Pas en supprimant du personnel, en robotisant ou en recherchant des fournisseurs low-cost ailleurs qu'en France; non en arrêtant de gaspiller des ressources précieuses en décisions absurdes, en échelons hiérarchiques structurels n'apportant aucune valeur, se contentant de surveiller et de contrôler le travail d'autres surveillants et contrôleurs qui eux-même surveillent et contrôlent d'autres personnes. Ou en laissant écrire des procédures dont le seul objet est de contrôler que d'autres procédures sont bien appliquées. Vous sauriez, Monsieur SEUX, si vous aviez passé quelques temps dans les échelons subalternes d'une entreprise du secteur marchand (ou dans une structure publique, les mauvaises pratiques se retrouvent partout), que les politiques sont totalement impuissants à ouvrir les yeux des chefs d'entreprises qui pensent que les solutions à leurs problèmes passent par des interventions externes. Qui sont persuadés que les erreurs ne peuvent venir que des couches inférieures de la pyramide hiérarchique. Qui ne pensent compétitivité qu'au travers du plan comptable, lequel ne possède aucune rubrique pour les décisions absurdes, les choix stratégiques désastreux ou les gaspillages institutionnalisés.
Tant pis pour ceux qui vous écoutent !
H
lundi 3 octobre 2016
Erreur, Monsieur TRICHET, profonde erreur...
Hier 2 octobre, Jean-Claude TRICHET, ancien gouverneur de la Banque de France puis de la Banque Centrale Européenne, la BCE, était invité de France Inter. Il a parlé doctement, il nous a rassurés sur la solidité de la Deutsche Bank (dont on craint ces jours-ci un genre de faillite). Il a commenté la situation de la France et de son industrie. Il a parlé du bitcoin et de sa "blockchain".
C'est en fin d'interview qu'il m'a déçu. En réponse à la question d'une auditrice, il a dit ce qui suit (écoutez le replay, c'est à 1:16:25) "Le patriotisme économique, ça consiste à trouver, dans quelque magasin que ce soit, que le rapport qualité-prix, aux yeux du consommateur, est bon pour les produits français, ou meilleur pour les produits français, que pour les produits des autres pays. Comment est-ce que l'on obtient ça ? On obtient ça à la fois parce que nos ingénieurs doivent être bons, nos ouvriers doivent être excellents, et parce que le cout, le prix qui est affiché est considéré comme un bon prix compte-tenu de la qualité que nous avons. C'est ça, le problème. C'est pour ça que le problème de la compétitivité est absolument essentiel. La compétitivité cout, je l'ai déjà énoncé à plusieurs reprises, et la compétitivité hors cout, c'est à dire la qualité de nos produits."
Monsieur TRICHET, je pense que vous avez tort, sur trois points. Le premier, c'est que le patriotisme économique peut aller - doit aller - jusqu'à accorder un "premium" au produits français. En d'autres termes, le consommateur français doit continuer à acheter, même si le rapport qualité/prix est (légèrement) défavorable au produit français. Ce n'est pas un gaspillage, c'est un investissement dans notre avenir. Comme tous les investissements, il rapportera. Pas directement de l'argent, mais des emplois pour nos enfants, un équilibre de nos comptes sociaux. Bref, ce ne sera pas de l'argent dépensé en vain.
Ensuite, la qualité, c'est bien entendu un élément de compétitivité-cout! Si l'on produit de bons produits du premier coup, évidemment, le cout global des produits conformes va baisser. La qualité ne se limite pas à la valeur que le client trouve dans le produit, mais elle englobe aussi les manières de faire.
Enfin, troisième point, il est facile de demander aux ingénieurs d'être bons et aux ouvriers d'être excellents. Mais quand donc allez-vous demander aux dirigeants d'entreprise d'être, eux aussi, bons ou même, pourquoi pas, excellents ? Quand les entreprises mettent dans leurs poubelles entre 10 et 30 % de leur chiffre d'affaire, simplement parce que les comités de direction prennent de mauvaises décisions (ou ne prennent pas de décisions, ce qui revient presque au même), n'y aurait-il pas là un gigantesque réservoir de compétitivité ?
Quant au journaliste et aux autres invités qui laissent passer de telles énormités sans réagir... no further comment.
H
C'est en fin d'interview qu'il m'a déçu. En réponse à la question d'une auditrice, il a dit ce qui suit (écoutez le replay, c'est à 1:16:25) "Le patriotisme économique, ça consiste à trouver, dans quelque magasin que ce soit, que le rapport qualité-prix, aux yeux du consommateur, est bon pour les produits français, ou meilleur pour les produits français, que pour les produits des autres pays. Comment est-ce que l'on obtient ça ? On obtient ça à la fois parce que nos ingénieurs doivent être bons, nos ouvriers doivent être excellents, et parce que le cout, le prix qui est affiché est considéré comme un bon prix compte-tenu de la qualité que nous avons. C'est ça, le problème. C'est pour ça que le problème de la compétitivité est absolument essentiel. La compétitivité cout, je l'ai déjà énoncé à plusieurs reprises, et la compétitivité hors cout, c'est à dire la qualité de nos produits."
Monsieur TRICHET, je pense que vous avez tort, sur trois points. Le premier, c'est que le patriotisme économique peut aller - doit aller - jusqu'à accorder un "premium" au produits français. En d'autres termes, le consommateur français doit continuer à acheter, même si le rapport qualité/prix est (légèrement) défavorable au produit français. Ce n'est pas un gaspillage, c'est un investissement dans notre avenir. Comme tous les investissements, il rapportera. Pas directement de l'argent, mais des emplois pour nos enfants, un équilibre de nos comptes sociaux. Bref, ce ne sera pas de l'argent dépensé en vain.
Ensuite, la qualité, c'est bien entendu un élément de compétitivité-cout! Si l'on produit de bons produits du premier coup, évidemment, le cout global des produits conformes va baisser. La qualité ne se limite pas à la valeur que le client trouve dans le produit, mais elle englobe aussi les manières de faire.
Enfin, troisième point, il est facile de demander aux ingénieurs d'être bons et aux ouvriers d'être excellents. Mais quand donc allez-vous demander aux dirigeants d'entreprise d'être, eux aussi, bons ou même, pourquoi pas, excellents ? Quand les entreprises mettent dans leurs poubelles entre 10 et 30 % de leur chiffre d'affaire, simplement parce que les comités de direction prennent de mauvaises décisions (ou ne prennent pas de décisions, ce qui revient presque au même), n'y aurait-il pas là un gigantesque réservoir de compétitivité ?
Quant au journaliste et aux autres invités qui laissent passer de telles énormités sans réagir... no further comment.
H
mardi 20 septembre 2016
Je crois que j'ai fait une boulette !
Aujourd'hui, j'étais dans un centre de formation dans lequel j'interviens régulièrement. Un des permanents me présente une de ses nouvelles collègues, chargée des formations en management. Quand je lui dis que j'interviens sur les hématiques de la qualité, elle répond "donc, nous n'allons pas travailler ensemble". "Comment ?" m'exclame-je (j'aime beaucoup cette expression) "mais au contraire, la qualité ce n'est que du management. La qualité, c'est la planification, l'organisation, pour bien travailler" (je suis volontiers enthousiaste, quand je défends mon domaine). "On peut en discuter", répond-elle.
Je crains que l'air un peu pincé qu'elle a eu en disant cela ne signifie l'exact contraire. Mais je conserverai cet enthousiasme, je recommencerai mon travail de sape, et un jour, les écoles de management intégreront des modules sur le management avec les outils de la qualité, comme l'approche processus par exemple.
La seule question est : est-ce que ce sera avant, ou après mon départ en retraite ?
H
Je crains que l'air un peu pincé qu'elle a eu en disant cela ne signifie l'exact contraire. Mais je conserverai cet enthousiasme, je recommencerai mon travail de sape, et un jour, les écoles de management intégreront des modules sur le management avec les outils de la qualité, comme l'approche processus par exemple.
La seule question est : est-ce que ce sera avant, ou après mon départ en retraite ?
H
mardi 30 août 2016
Management
Ce matin, sur France Inter (à 7h14, dans "le zoom de la rédaction"), j'ai eu le plaisir d'entendre Emmanuel VASSENEIX, le parton de la Laiterie de Saint-Denis de l'Hôtel. Sous ce nom moins connu que Sodiaal ou Lactalis se trouve une belle entreprise française, laiterie mais aussi producteur et conditionneur de jus et de boissons.
J'avais eu le plaisir de travailler dans les années 1990 avec son père, André VASSENEIX, un dirigeant simple, ouvert, à l'écoute, et surtout avec une vision claire. Emmanuel semble au diapason : peut-on nier l'importance de l'acquis?
J'avais été bluffé à l'époque par une décision prise sur leur site de Varennes-sur-Fouzon. Au lieu de détruire l'ancienne maison du gardien, inoccupée, ils l'avaient transformée en "relais" pour les chauffeurs routiers internationaux : douches, cuisine, télévision satellite, canapé. Tous les problèmes de mécontentement sur les horaires de prise en charge avec les chauffeurs avaient disparu du jour au lendemain. Lorsque l'ISO 9001 demande aujourd'hui de prendre en compte les attentes des parties intéressées, au premier rang desquels les fournisseurs, c'est de cela qu'il s'agit. Attentes non formalisées, non contractualisées, mais bien évidentes. Si on traite humainement son fournisseur, il aura tendance à être beaucoup plus arrangeant sur les aléas du quotidien. Si en revanche on le considère comme un outil, il n'est pas surprenant que les relations soient tendues.
La LSDH, qui collecte 250 millions de litres de lait par an, achète ce lait 310 € la tonne. Ce n'est pas mirobolant, mais c'est plus que Lactalis (qui fait ces jour-ci les unes de la presse) avec son prix d'achat à 271 €/tonne, et qui - en tout cas aujourd'hui - refuse de monter à 300. Les accords sur le prix sont "tripartites", issus de négociations entre le producteur, l'industriel et le distributeur. Les contrats sont donc transparents.
La LSDH travaille avec 380 producteurs, ce qui met l'exploitant laitier moyen à environ 650 000 L/an, ou 1780 L/jour. Ce qui donne des troupeaux moyens de 75 vaches environ. Ce n'est pas énorme, ce n'est pas ridicule. C'est juste une entreprise agissant sur son territoire, de manière responsable.
Précision : LSDH investit, innove, embauche et ... est bénéficiaire.
H
J'avais eu le plaisir de travailler dans les années 1990 avec son père, André VASSENEIX, un dirigeant simple, ouvert, à l'écoute, et surtout avec une vision claire. Emmanuel semble au diapason : peut-on nier l'importance de l'acquis?
J'avais été bluffé à l'époque par une décision prise sur leur site de Varennes-sur-Fouzon. Au lieu de détruire l'ancienne maison du gardien, inoccupée, ils l'avaient transformée en "relais" pour les chauffeurs routiers internationaux : douches, cuisine, télévision satellite, canapé. Tous les problèmes de mécontentement sur les horaires de prise en charge avec les chauffeurs avaient disparu du jour au lendemain. Lorsque l'ISO 9001 demande aujourd'hui de prendre en compte les attentes des parties intéressées, au premier rang desquels les fournisseurs, c'est de cela qu'il s'agit. Attentes non formalisées, non contractualisées, mais bien évidentes. Si on traite humainement son fournisseur, il aura tendance à être beaucoup plus arrangeant sur les aléas du quotidien. Si en revanche on le considère comme un outil, il n'est pas surprenant que les relations soient tendues.
La LSDH, qui collecte 250 millions de litres de lait par an, achète ce lait 310 € la tonne. Ce n'est pas mirobolant, mais c'est plus que Lactalis (qui fait ces jour-ci les unes de la presse) avec son prix d'achat à 271 €/tonne, et qui - en tout cas aujourd'hui - refuse de monter à 300. Les accords sur le prix sont "tripartites", issus de négociations entre le producteur, l'industriel et le distributeur. Les contrats sont donc transparents.
La LSDH travaille avec 380 producteurs, ce qui met l'exploitant laitier moyen à environ 650 000 L/an, ou 1780 L/jour. Ce qui donne des troupeaux moyens de 75 vaches environ. Ce n'est pas énorme, ce n'est pas ridicule. C'est juste une entreprise agissant sur son territoire, de manière responsable.
Précision : LSDH investit, innove, embauche et ... est bénéficiaire.
H
dimanche 28 août 2016
Efficacité
Hier dimanche, ma voiture est tombée en panne sur l'autoroute, Pas d'accident, pas de blessés, il faisait beau... Juste un désagrément. Comme il y a une option "assistance" à mon contrat d'assurance, j'ai passé quelques coups de téléphone, et un camion d'assistance est arrivé. Quelques minutes après, une autre voiture est tombée en panne au même endroit. Comme le contrat d'assurance de la conductrice avait lui aussi une option assistance, elle a fait comme moi.
Les dépanneurs sur l'autoroute sont titulaires d'une concession, ils doivent intervenir dans les 30 minutes. 2 véhicules au même moment au même endroit, la dépanneuse a pris les 2 véhicules et les 5 passagers (au total) en un seul voyage, jusqu'au garage du dépanneur. Efficace, au moindre cout : c'est ce que l'on appelle l'efficience. Rien à dire.
Une fois au garage, il faut organiser la fin du voyage, qui va se faire en taxi. Une trentaine de km pour moi, une quarantaine pour l'autre véhicule. Dans la même direction. Le hasard faisant que nous soyons tous deux chez le même assureur, c'est la même société de taxi qui a été sollicitée. Là encore, nous avons fait taxi commun. Efficacité, au moindre cout. C'est une bonne chose.
En discutant de ces arrangements, l'une des personnes nous a raconté sa propre expérience, qui remonte au mois de juillet dernier. Une réparation sur le circuit d'eau dans son appartement ayant lâché, elle a causé un dégât des eaux dans l'appartement de son voisin du dessous. Les assurances sont faites pour cela, ils rédigent un constat amiable et chacun d'eux envoie sa partie à son assureur. Là encore, ils ont le même assureur. Et c'est la même personne qui va traiter les deux aspects du dossier. Laquelle personne mandate un expert pour la victime, et un expert pour le responsable. Ce sont les vacances, un expert viendra de la ville, on ira chercher l'autre dans le département voisin, à une petite centaine de km de là.
Comment ça, deux experts ? "Mais c'est la règle !" assure l'agent, chez l'assureur. La règle, peut-être, mais là, l'eau coule sur le plancher des toilettes de l'appartement du dessus, et coule du plafond de l'appartement du dessous. La cause est accessible à un non-expert ! "Mais c'est la règle !" La règle, nous voulons bien l'entendre, mais de toutes façons, vous allez payer ? S'il s'agit de limiter le cout, pour que le plombier ne charge pas trop la facture, un expert est suffisant, non ? Il est indépendant, il est expert, si on en prend deux, c'est que l'on met en doute soit leur expertise, soit leur indépendance ? Cela pose un problème, non ?
Non, cela ne pose pas de problème. C'est beaucoup plus simple que cela : si on prend deux experts, c'est que c'est la règle.
Ce qui est certain, c'est que ceux qui écrivent les règles ont oublié la possibilité de faire confiance à ceux qui sont chargés de les faire appliquer. Peut-être parce qu'ils ne leur font réellement pas confiance. Nous serions alors dans une situation dont je parle souvent ici : la mise en place d'un arsenal de procédures alors que l'on n'a pas réfléchi au système mis en place, ni aux buts du système. Et c'est une responsabilité de la direction de cet assureur mutualiste.
Ce qui est certain aussi, c'est que ces couts de non-qualité impactent directement le montant des primes d'assurance que nous payons...
H
Les dépanneurs sur l'autoroute sont titulaires d'une concession, ils doivent intervenir dans les 30 minutes. 2 véhicules au même moment au même endroit, la dépanneuse a pris les 2 véhicules et les 5 passagers (au total) en un seul voyage, jusqu'au garage du dépanneur. Efficace, au moindre cout : c'est ce que l'on appelle l'efficience. Rien à dire.
Une fois au garage, il faut organiser la fin du voyage, qui va se faire en taxi. Une trentaine de km pour moi, une quarantaine pour l'autre véhicule. Dans la même direction. Le hasard faisant que nous soyons tous deux chez le même assureur, c'est la même société de taxi qui a été sollicitée. Là encore, nous avons fait taxi commun. Efficacité, au moindre cout. C'est une bonne chose.
En discutant de ces arrangements, l'une des personnes nous a raconté sa propre expérience, qui remonte au mois de juillet dernier. Une réparation sur le circuit d'eau dans son appartement ayant lâché, elle a causé un dégât des eaux dans l'appartement de son voisin du dessous. Les assurances sont faites pour cela, ils rédigent un constat amiable et chacun d'eux envoie sa partie à son assureur. Là encore, ils ont le même assureur. Et c'est la même personne qui va traiter les deux aspects du dossier. Laquelle personne mandate un expert pour la victime, et un expert pour le responsable. Ce sont les vacances, un expert viendra de la ville, on ira chercher l'autre dans le département voisin, à une petite centaine de km de là.
Comment ça, deux experts ? "Mais c'est la règle !" assure l'agent, chez l'assureur. La règle, peut-être, mais là, l'eau coule sur le plancher des toilettes de l'appartement du dessus, et coule du plafond de l'appartement du dessous. La cause est accessible à un non-expert ! "Mais c'est la règle !" La règle, nous voulons bien l'entendre, mais de toutes façons, vous allez payer ? S'il s'agit de limiter le cout, pour que le plombier ne charge pas trop la facture, un expert est suffisant, non ? Il est indépendant, il est expert, si on en prend deux, c'est que l'on met en doute soit leur expertise, soit leur indépendance ? Cela pose un problème, non ?
Non, cela ne pose pas de problème. C'est beaucoup plus simple que cela : si on prend deux experts, c'est que c'est la règle.
Ce qui est certain, c'est que ceux qui écrivent les règles ont oublié la possibilité de faire confiance à ceux qui sont chargés de les faire appliquer. Peut-être parce qu'ils ne leur font réellement pas confiance. Nous serions alors dans une situation dont je parle souvent ici : la mise en place d'un arsenal de procédures alors que l'on n'a pas réfléchi au système mis en place, ni aux buts du système. Et c'est une responsabilité de la direction de cet assureur mutualiste.
Ce qui est certain aussi, c'est que ces couts de non-qualité impactent directement le montant des primes d'assurance que nous payons...
H
lundi 6 juin 2016
Où va-t-on ?
J'ai reçu un courriel en début d'après-midi. Un organisme de formation ayant pignon sur rue (il y en a un certain nombre) me demandait s'il me serait possible d'organiser et de dispenser un module de formation à la Norme ISO 17025 (celle qui traite de la compétence des laboratoires d'étalonnage et d'essais). Le client final est une entreprise fort connue, dont certains produits comportent des fonctions de sécurité. Rien d'étonnant à ce que leur(s) laboratoire(s) soient accrédités par le Cofrac.
Ce qui est plus étonnant c'est que cette demande (je me répète, reçue aujourd'hui 6 juin 2016) devait être honorée avant lundi prochain, 13 juin. Pourquoi ce délai aussi serré ? Parce que l'évaluation du laboratoire est planifiée pour le mardi 14, et que le formation doit avoir lieu avant.
Heureusement pour moi, mon agenda est plein à craquer, et je ne peux pas réaliser cette action. Mais même sans cela, je crois que j'aurais décliné. Organiser en catastrophe une formation pour le personnel du laboratoire, cela ressemble trop à la course à l’échalote d'un responsable qui ne souhaite qu'obtenir un papier tamponné (l'attestation de présence à la formation) - et certainement pas la compétence de ses salariés.
Quand donc les managers accepteront-ils l'idée que pour bien faire son travail, c'est à dire pour contribuer efficacement à la création de valeur, il faut des compétences réelles. Et que celles-ci ne peuvent en aucun cas s'obtenir la veille de la visite des évaluateurs ?
Plus ça va, et plus le monde qui m'entoure me semble marcher sur la tête.
H
Ce qui est plus étonnant c'est que cette demande (je me répète, reçue aujourd'hui 6 juin 2016) devait être honorée avant lundi prochain, 13 juin. Pourquoi ce délai aussi serré ? Parce que l'évaluation du laboratoire est planifiée pour le mardi 14, et que le formation doit avoir lieu avant.
Heureusement pour moi, mon agenda est plein à craquer, et je ne peux pas réaliser cette action. Mais même sans cela, je crois que j'aurais décliné. Organiser en catastrophe une formation pour le personnel du laboratoire, cela ressemble trop à la course à l’échalote d'un responsable qui ne souhaite qu'obtenir un papier tamponné (l'attestation de présence à la formation) - et certainement pas la compétence de ses salariés.
Quand donc les managers accepteront-ils l'idée que pour bien faire son travail, c'est à dire pour contribuer efficacement à la création de valeur, il faut des compétences réelles. Et que celles-ci ne peuvent en aucun cas s'obtenir la veille de la visite des évaluateurs ?
Plus ça va, et plus le monde qui m'entoure me semble marcher sur la tête.
H
vendredi 27 mai 2016
Un étudiant courageux
Il se trouve que je donne des cours à des étudiants en Licence Professionnelle "Maintenance" en alternance. Je leur ai demandé de travailler, en groupes de 2 ou 3, sur des outils d'amélioration continue. L'un des groupes a choisi le SMED.
Pour les non-initiés, le SMED (pour Single-Minute Exchange of Die) est une démarche visant à réduire les temps de changements d'outils, ou de formats, à une durée se comptant en "single-minute, ou un nombre de minutes inférieur à 10.. En pratique, il s'agit de diminuer de manière significative les durées de changement. Les rois du SMED sont les écuries de Formule 1, qui changent 4 roues d'une voiture en moins de 5 secondes. Dans l'industrie pharmaceutique, si l'on passe d'une ligne de synthèse à une nouvelle configuration en moins de 2 semaines, alors qu'il fallait 23 jours auparavant, on pourra tout de même dire que l'on a fait du SMED.
Comme le groupe souhaitait apporter plus que des éléments récupérés sur le Net, l'un des étudiants a demandé à son tuteur d'entreprise l'autorisation d'entamer un projet SMED réel. L'ayant obtenu, il a choisi de travailler sur une machine d'usinage, la machine en question étant saturée. Toute minute gagnée sur les changements d'outils est donc une minute de production vendable libérée.
Avec une approche très simple (et même, à la limite du simpliste - mais ce n'est pas un reproche, il s'est lancé seul), et un temps limité, il a réussi à récupérer 15 minutes productives sur les 25 minutes de changement initiales.
Il y a environ 6 changements par jour, soit 1 h 30 de récupérées chaque jour (production en 2 x 8). La machine génère 4000 € de chiffre d'affaires par heure.
Cet étudiant, de sa propre initiative, en travaillant sur une seule machine, vient de faire gagner 6000 € par jour à son entreprise.
Je ne sais pas ce que je ferai au prochain qui me répètera que la compétitivité des entreprise ne peut passer que par la diminution des charges salariales, ou par la limitation par la loi du montant des indemnités en cas de licenciement abusif.
Il y a des jours où je me dis que je devrais faire de la politique...
H
Pour les non-initiés, le SMED (pour Single-Minute Exchange of Die) est une démarche visant à réduire les temps de changements d'outils, ou de formats, à une durée se comptant en "single-minute, ou un nombre de minutes inférieur à 10.. En pratique, il s'agit de diminuer de manière significative les durées de changement. Les rois du SMED sont les écuries de Formule 1, qui changent 4 roues d'une voiture en moins de 5 secondes. Dans l'industrie pharmaceutique, si l'on passe d'une ligne de synthèse à une nouvelle configuration en moins de 2 semaines, alors qu'il fallait 23 jours auparavant, on pourra tout de même dire que l'on a fait du SMED.
Comme le groupe souhaitait apporter plus que des éléments récupérés sur le Net, l'un des étudiants a demandé à son tuteur d'entreprise l'autorisation d'entamer un projet SMED réel. L'ayant obtenu, il a choisi de travailler sur une machine d'usinage, la machine en question étant saturée. Toute minute gagnée sur les changements d'outils est donc une minute de production vendable libérée.
Avec une approche très simple (et même, à la limite du simpliste - mais ce n'est pas un reproche, il s'est lancé seul), et un temps limité, il a réussi à récupérer 15 minutes productives sur les 25 minutes de changement initiales.
Il y a environ 6 changements par jour, soit 1 h 30 de récupérées chaque jour (production en 2 x 8). La machine génère 4000 € de chiffre d'affaires par heure.
Cet étudiant, de sa propre initiative, en travaillant sur une seule machine, vient de faire gagner 6000 € par jour à son entreprise.
Je ne sais pas ce que je ferai au prochain qui me répètera que la compétitivité des entreprise ne peut passer que par la diminution des charges salariales, ou par la limitation par la loi du montant des indemnités en cas de licenciement abusif.
Il y a des jours où je me dis que je devrais faire de la politique...
H
vendredi 6 mai 2016
Paradigme
Vendredi matin (6 mai 2016), sur France Inter. Le débat économique porte sur la rémunération des patrons du CAC 40. 4 millions d'euros en moyenne chaque année, soit 170 ans de SMIC. Est-ce plus ou moins justifié que les 15 millions d'euros touché par tel ou tel footballeur ? Bref, les banalités habituelles dans un débat qui ne fait pas beaucoup avancer la réflexion.
Sauf qu'à un moment, on parle des pays qui limitent, et de la France, qui a fixé comme rémunération maximum la somme de 450 000 € annuels pour les entreprises publiques. Et là, j'ai la surprise d'entendre, de la bouche de Dominique SEUX (directeur délégué du quotidien Les Échos, l'un des "débatteurs" attitrés) l'énormité suivante (je cite) : "Avec pour résultat, c'est que ceux qui vont à la tête de ce type d'entreprises publiques, par exemple EDF, ont déjà fait leur fortune avant. Voilà, bon !"
Pourquoi énormité ? Pour deux raisons :
* D'abord parce que que l'expression "ceux qui vont dans ce type d'entreprises" pourrait laisser supposer qu'ils y vont à reculons, sans motivation. Et c'est extrêmement choquant. Quand on est appelé par le gouvernement à la tête d'une entreprise publique, on va faire son travail avec enthousiasme - ou on laisse sa place.
* Ensuite et surtout parce qu'il semblerait inéluctable que les chefs des grandes entreprises n'ont comme seule moteur que le désir de faire fortune. "Voilà, bon !" Pour accepter de ne gagner "que" 450 000 euros par an (soit tout de même 37 500 euros par mois - je n'ai jamais gagné autant), il faudrait donc nécessairement "avoir fait [sa] fortune avant". Je le répète c'est très choquant.
Mais d'où tirez-vous, cher Monsieur SEUX, que l'aptitude à diriger les grandes entreprises est définitivement liée à la cupidité ?
Et comment se fait-il que, dans le studio, telle représentation ne fait bondir personne ?
H
Sauf qu'à un moment, on parle des pays qui limitent, et de la France, qui a fixé comme rémunération maximum la somme de 450 000 € annuels pour les entreprises publiques. Et là, j'ai la surprise d'entendre, de la bouche de Dominique SEUX (directeur délégué du quotidien Les Échos, l'un des "débatteurs" attitrés) l'énormité suivante (je cite) : "Avec pour résultat, c'est que ceux qui vont à la tête de ce type d'entreprises publiques, par exemple EDF, ont déjà fait leur fortune avant. Voilà, bon !"
Pourquoi énormité ? Pour deux raisons :
* D'abord parce que que l'expression "ceux qui vont dans ce type d'entreprises" pourrait laisser supposer qu'ils y vont à reculons, sans motivation. Et c'est extrêmement choquant. Quand on est appelé par le gouvernement à la tête d'une entreprise publique, on va faire son travail avec enthousiasme - ou on laisse sa place.
* Ensuite et surtout parce qu'il semblerait inéluctable que les chefs des grandes entreprises n'ont comme seule moteur que le désir de faire fortune. "Voilà, bon !" Pour accepter de ne gagner "que" 450 000 euros par an (soit tout de même 37 500 euros par mois - je n'ai jamais gagné autant), il faudrait donc nécessairement "avoir fait [sa] fortune avant". Je le répète c'est très choquant.
Mais d'où tirez-vous, cher Monsieur SEUX, que l'aptitude à diriger les grandes entreprises est définitivement liée à la cupidité ?
Et comment se fait-il que, dans le studio, telle représentation ne fait bondir personne ?
H
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