jeudi 11 février 2016

Je suis un grand naïf

Je suis également un grand rêveur. Je lis des romans, et je rêve. J'écoute la radio, et je rêve. Je rêve aussi d'un monde dans lequel l'organisation de l'État serait logique, claire, simple. Un monde géré simplement - et efficacement. En d'autres termes : un monde dans lequel les principes de base du management de la qualité seraient appliqués de manière naturelle.

Aujourd'hui, il y a eu un remaniement ministériel. J'ai encore rêvé de voir apparaître spontanément des ministères qui seraient autant de processus, ajoutant de la valeur en transformant des "éléments d'entrée" en "éléments de sortie". Ces processus seraient pilotés par des ministres. Comme se seraient des pilotes, on les reconnaitrait à leurs attributs intangibles : compétence, autorité, moyens.

J'imagine que tous les ministres sont compétents. Je veux croire aussi qu'ils disposent réellement de l'autorité. Mais pour certains, j'ai du mal à croire qu'ils disposent des moyens. Le (la) ministre du travail, par exemple, n'a pas les moyens d'embaucher, ce qui ferait baisser le nombre de chômeurs. On le (la) rend comptable des chiffres du chômage, mais sans possibilité d'agir (on nous répète que seuls les entrepreneurs peuvent créer de l'emploi, que l'emploi public est une abomination), on ne peut que constater le résultat. Que les résultats montent ou baissent, le (la) ministre n'y est pour rien. Triste à dire, mais ce n'est que la réalité.

Mais ça, on le sait depuis longtemps. Aujourd'hui une nouvelle marche a été franchie. Un (une) secrétaire d'état à la biodiversité... J'avoue mon total désarroi. De quels outils le (la) ministre peut-il (elle) disposer pour faire évoluer, dans un sens ou dans un autre, la biodiversité ? Et de quelle autorité pourra-t-il (elle) user pour obtenir des actes de la part des autres pilotes capables de faire bouger les indicateurs (agriculture, aménagement du territoire, transports notamment) ? Mystère !

Un motif d'espoir toutefois : nous avons des politiques créatifs. Peut-être cette créativité sera-t-elle un jour mieux exploitée !

H

PS : je ne trouve pas l'angle humoristique pour aborder le cas du ministère de la famille, de la jeunesse et des droits des femmes. Une telle caricature me laisse pantois...