dimanche 21 septembre 2014

C'est pas moi !

Comme je suis allergique aux kilos de dépliants publicitaires retrouvés dans les boîtes aux lettres, publicités qui vont directement à la poubelle, j'ai mis sur la mienne (sur ma boîte aux lettres) un signe "pas de publicité". Ce n'est pas un autocollant délavé, c'est une plaque gravée, avec un bon contraste, tout à fait lisible. Ça fonctionne plutôt bien, et il est exceptionnel que je retrouve des liasses de prospectus pour les grandes surfaces.

Mais il arrive que je trouve tout de même des cartons, généralement déposés par des "locaux", le plus souvent des agences immobilières. Là, il y avait 3 papiers. Deux (différents) provenaient d'un antiquaire qui m'assurait de son total dévouement, et une agence immobilière du quartier qui m'assurait elle aussi de son total dévouement. Comme j'ai peut-être un peu mauvais caractère, et que j'avais un peu de temps, je leur ai téléphoné. "Bonjour, j'ai trouvé dans ma boîte aux lettres un prospectus venant de chez vous, et j'ai une petite question à vous poser". "Bien sûr monsieur, je vous écoute". "Qu'est-ce que vous ne comprenez pas dans "pas de publicité" ?". Et là, un petit blanc, puis "Ah ben oui, vous n'êtes pas le premier, je leur ai bien dit, mais vous comprenez, ce n'est pas moi qui fait la distribution." "Mais c'est votre nom, votre numéro de téléphone. Vous êtes responsable de l'activité, vous devez vous assurer que les choses sont bien faites." L'antiquaire m'a dit qu'il ne pouvait pas mettre en prison celui qui faisait la distribution, a ajouté que puisque j'étais écologiste, je n'avais qu'à mettre les prospectus dans la poubelle de recyclage et m'a raccroché au nez. La secrétaire de l'agence immobilière a essayé un argument ("ce n'est pas une publicité, c'est une information"), avant de me demander mon adresse pour retrouver celui qui était en faute.

J'ai dit à l'agence immobilière que l'image transmise aux clients était "Nous ne respectons pas vos désirs aujourd'hui, donc nous ne vous respecterons pas non plus si nous devons faire affaire un jour". J'ai insisté sur le caractère déplorable de cette approche. Je ne suis pas certain d'avoir été entendu.

Au-delà de cet aspect - qui à lui seul a des conséquences terribles sur le business - cela renvoie à la maîtrise des opérations sous-traitées. Il est tout à fait acceptable qu'une entreprise, quelle que soit sa taille, sous-traite une partie de son activité. Mais elle doit garder la maîtrise du processus comme elle en surveille le résultat. Je ne peux pas connaître le sous-traitant, et je ne peux que m'adresser au donneur d'ordre. Celui-ci a toujours tort quand il hausse les épaules.

L'intelligence entrepreneuriale a encore des progrès à faire...

H