samedi 19 avril 2014

Acceptabilité des risques

La presse s'est abondamment fait l'écho d'un faits-divers survenu à Portland, la plus grosse ville de l'Oregon aux États-Unis (la capitale, c'est Salem, mais pas la Salem des sorcières, qui est sur la côte Est). Bref, à Portland, un adolescent (probablement un peu imbibé), s'est amusé à uriner dans un réservoir d'eau potable à ciel ouvert. Comme il a été vu par une caméra de surveillance, il a été arrêté. Mais surtout, les autorités ont décidé de vidanger ce réservoir. 38 millions de gallons (plus de 140 millions de litres, ou 140 000 tonnes) d'eau potable, traitée, qui retourne à la nature (dans la Columbia River).

Voilà une décision ferme, et voilà un administrateur (il s'appelle David Shaff) qui va jusqu'au bout de ses responsabilités.

Mais dans le Huffington Post on peut lire (je traduis) : "L'urine représente un risque minime - des animaux déposent régulièrement des déjections sans créer de crise sanitaire - mais Shaff a dit qu'il ne voulait pas distribuer une eau ayant volontairement été souillée."

C'est une vision inhabituelle des choses. Le risque ne serait avéré que si l'intention existe. Pourtant, si l'urine est le plus généralement stérile, des fientes d'oiseaux sont elles des vecteurs avérés de bactéries pathogènes, voire de virus (rappelez-vous de la "grippe" ou "peste" aviaire).

Que fera-t-il, Mr Shaff, le jour où un de ses administrés enregistrera la vidéo d'une déjection aviaire, et qu'il la postera sur Youtube ? Je n'aimerais pas être à sa place...

Blague à part, on est là en fait dans la plus pure illustration de la notion d'acceptabilité du risque, qui renvoie toujours à des individus et à leurs incohérences. Un mort, c'est une tragédie; mille morts, c'est une statistique...

H