vendredi 31 mars 2017

Alexa

J'ai entendu François Asselineau à la radio aujourd'hui. C'est un des candidats à l'élection présidentielle du mois prochain. Il est régulièrement (toujours, en fait) plutôt critique sur l'impérialisme américain, pays qui (selon lui) fait la pluie et le beau temps partout sur la planète, décidant même de la taille des nouvelles régions françaises (j'avoue avoir du mal à croire qu'il affirme ça sans rire sous cape) Si vous en doutez, allez voir une de ses vidéos - je vous recommande d'aller directement à 50 minutes et 20 secondes). Le fait que l'ancien découpage des départements de la Révolution (pour lesquels le chef-lieu devait être atteignable en un journée de cheval) ne tienne plus aujourd'hui semble avoir échappé à cet historien érudit...

Pendant l'interview, il s'est félicité que son site Internet soit le plus visité de tous les sites de partis politiques français "selon Alexa", a-t-il précisé.

La référence est admirable, et pour au moins deux raisons.

D'abord parce qu'Alexa appartient à Amazon, une entreprise clairement américaine, et clairement expansionniste.

Ensuite parce que l'outil Alexa est essentiellement basé sur les visites réalisées par les utilisateurs qui ont installé dans leur navigateur la barre d'outils d'Alexa ("Alexa toolbar"). Or, ces utilisateurs sont très rares en France. Demandez autour de vous : personne n'utilise cet outil - en particulier parce qu'il est assimilé par les éditeurs de logiciels antivirus à un logiciel malveillant. Ainsi pour Symantec, c'est un "Trackware", un logiciel qui collecte vos données de navigation. Pour McAfee, c'est un "Adware", un logiciel qui draine des publicités vers votre navigateur (et qui pour cela doit recueillir des données sur vos habitudes de navigation).

Il est fort probable que seules des personnes versées principalement dans le marketing, la création ou l’optimisation de sites Internet souhaitent utiliser ce genre d'outils. Il est aussi fort probable que ces personnes soient plutôt anglo-saxonnes. Et donc que les statistiques d'Alexa concernant des sites politiques français soient très fortement biaisées. Un site français (malgré son nom) comme WebRankInfo, avec l'outil MyRankingMetrics, n'en tient aucun compte.

Si le site de l'UPR a le meilleur classement chez Alexa, c'est qu'il y a plus d'américains qui s'y intéressent. Ou plus de personnes qui n'ont pas peur de confier leur historique de navigation à une entreprise commerciale américaine.. Pas de quoi se glorifier (à mon avis). Mais cela n'empêche pas de trouver du réconfort n'importe où, n'est-ce pas ?

Conclusion : la vraie sagesse vient de la compréhension des phénomènes, pas de la retransmission de faits.

H